Mal Waldron With Jackie McLean, John Coltrane, Idrees Sulieman, Sahib Shihab , And Bill Hardman – Mal/2 – (1957)
Mal Waldron a été le dernier accompagnateur de Billie Holiday pendant ses deux dernières années de vie. C’est un pianiste très sensible et déjà expérimenté qui est certainement encore sous-coté dans l’appréciation des amateurs. En fait c’est un musicien de premier plan qui a connu une carrière de musicien extrêmement brillante, sans réel passage à vide, mais des sommets successifs qui témoignent d’une extraordinaire vitalité à la pointe du jazz et de la modernité. Son partenariat en compagnie de Steve Lacy constitue un sommet dans le genre.
Pourtant nous sommes ici, en cinquante-sept, sur Prestige, pour l’enregistrement d’une merveille d’album. La distribution est juste énorme, Jackie McLean au saxophone alto ou Sahib Shihab au sax baryton, Idrees Sulieman ou Bill Hardman à la trompette, John Coltrane au ténor, Julian Euell à la contrebasse, Art Taylor ou Ed Thigpen à la batterie.
On l’a compris l’album se partage entre deux sessions séparées d’environ un mois, avec McLean ou Shihab mais aussi deux trompettistes et deux batteurs différents. Mais l’unité de l’album n’est en rien diminué, et tout va. Coltrane est présent lors des deux sessions, il fait partie de ceux qui cimentent le tout, à l’égal de Mal.
La première pépite est probablement « J.M.’s Dream Doll », un hommage du pianiste envers Jackie McLean et son épouse, Dolly, du genre lent et bluesy avec un McLean et un Trane très complices, ils balancent de magnifiques solos, ainsi que Bill Hardman qui déchire également.
Il faudrait également citer « One by One » avec Idrees Sulieman et Mal Waldron lui-même, qui tisse ses rets, sans oublier la reprise de « Don't Explain » réinventée, qu’aimait tant chanter Billie Holiday. La dernière pièce « Potpourri » est également fastueuse, traînante et tournoyante elle semble vouloir s’arrêter, puis repart sans cesse, un peu comme une ritournelle, jusqu’à ce que ce soit « la bonne » et que la musique s’arrête…