"Cette odeur d'essence". Ces trois mots sont la traduction littérale de "That petrol emotion". Et cette odeur d'essence évoque les relents provoqués par l'explosion d'un cocktail Molotov. Si vous ne connaissez pas la recette de ce détonnant breuvage, je vous la donne illico : une bonne dose d'injustice, deux doses de haine, un doigt de révolte, noyer le tout dans un grand volume d'incompréhension mutuelle puis ajouter quelques larmes de désespoir puis attendre l'étincelle qui viendra immanquablement faire exploser le mélange.
Le groupe, qui s'est formé sur les cendres des merveilleux Understones avec les redoutables frères O'Neil à la manoeuvre, démontre dès ce premier opus un engagement pro-Irlandais qui ne se démentira jamais. Toutes les chansons évoquent la révolte contre l'occupant sans pour autant tomber dans un prêchi-prêcha pénible. Même les très belles ballades de l'album (dont "A million miles away") évoquent soit le déchirement après l'exil, soit l'impossibilité de vivre sereinement. Sur la plupart des éditions les derniers titres sont ceux du premier EP, des morceaux qui vous agressent toute rage dehors, dont le terrifiant "V2" tout en disonnance maîtrisée.