Marc Ribot – Map Of A Blue City – (2025)
Ce nouvel album de Marc Ribot ne pouvait m’échapper, dès que j’appris son existence je le commandais à la Cnaf, et j’attendis… longtemps, longtemps, plus de deux mois, jusqu’à ces derniers jours où ils m’envoient un message pour me signifier qu’il était indisponible. Je me retourne aussitôt vers le concurrent américain malgré une certaine répugnance, et le voilà arrivé en quelques jours seulement. C’était juste pour évoquer le monde des marchands…
C’est un album de chansons, pas de jazz, un truc bizarre, alors que Marc a chopé ses soixante et onze ans, il fallait que ça sorte à un moment ou à un autre, voilà, c’est fait. Des chansons qui traînent en lui depuis la fin des quatre-vingt-dix, nous dit-on. Pour être franc, des chansons il en a écrit pas mal, mais pas des comme çà, avec ce rythme un peu folkeux…
Je les écoute et les trouve belles, chaleureuses, la voix est de confidence et murmure à l’oreille. Hélas je ne suis pas armé pour en comprendre le sens, il faut des efforts que je ferai…plus tard.
Cette « Map Of A Blue City» remonte à loin, sa fille, alors enfant, lui en avait fait une carte avec un crayon bleu, il la remercia et lui dit qu’il la trouvait jolie, elle le corrigea en lui disant : « Ce n'est pas une carte bleue, mais la carte d'une ville bleue. » Ce sentiment de perte de repère fit naître peur et confusion, en même temps qu’un désir de dépassement…
Ces chansons l’accompagnent depuis tant d’années qu’il les a retravaillées, enrichies, mais un premier essai en deux mille quatorze ne lui plut pas : il préférait les démos… Un beau jour il rencontra le producteur Ben Greenberg, et lui confia ses projets, ainsi arriva enfin l’heure de la concrétisation, ce dernier mixa les démos et réalisa un travail de studio qui satisfit Marc Ribot.
Bien que l’album soit consacré à la voix et à la guitare, de nombreux musiciens extérieurs interviennent par petites touches, ici ou là, sans jamais s’imposer, des cordes, mais également une pointe d’orgue, un zeste d’accordéon, et quelques percus… Un dernier mot pour signaler « « Optimism of the Spirit », la dernière pièce entièrement instrumentale, avec un Ribot que l’on reconnaît, au milieu de quelques audaces sonores.
Je vois bien qu’il faudra entrer davantage dans les chansons, même si le Cd ne contient pas de livret, mais déjà les amoureux de bonne guitare et ceux qui aiment Marc Ribot seront, comme moi, à la fête !