Marjolaine est sans doute l’album le moins rock de Gaëtan Roussel. Au fil de ses escapades solo, le leader de Louise Attaque glisse de plus en plus vers la variété, mais pas du côté obscur du genre, non, du côté noble, celui où la mélodie et les textes profonds sont reine et roi. Marjolaine est sans doute l’album le moins rock de Gaëtan Roussel, donc, et pourtant, c’est celui que je préfère. De loin.
La faute à toutes ces mélodies poignantes, à ces textes élégiaques mais jamais lacrymaux – des textes qui, au contraire, donnent furieusement envie de vivre et de profiter à fond du temps qui nous est donné. Un temps qui n’est pas infini. Et chaque anniversaire nous rappelle que nous nous rapprochons inexorablement de la fin. Alors on mange du fromage malgré le cholestérol qui point, de la glace malgré le diabète qui, pour le moment, nous épargne (mais jusqu’à quand ?), et l’on se repaît de musique car rares sont les choses agréables de la vie qui n’ont pas une incidence négative sur notre santé.
Je vais mourir tôt ou tard, c’est certain. Mais tant que j’aurai de la si bonne musique a écouter pour me faire oublier ma finitude, pour me faire sentir vivant et pour me filer des shoots de dopamine gratos, alors tout va bien. Et quand mon heure viendra, je n'aurai pas peur, puisque j'aurai vécu ma vie intensément et passionnément. Et en musique.
« Oh je te parle
De la beauté du futur
Oh je te parle
D'amour et d'aventure
Pour mieux s'envoler
Oh oui s'échapper
Vivre pour un temps
Vivre le présent
Pour mieux s'enlacer
Oh s'embraser
Vivre le moment
Vivre maintenant. »