Cela fait maintenant 3 ans que nos 4 horseman sillonnent le monde du métal et tentent de se frayer un chemin vers le succès; on peut dire que les épées se font de plus en plus aiguisées. Apres un Kill'Em all des plus prometteurs et forts d'excellents morceaux (déjà !) comme The four Horseman ou encore Seek and Destroy, Metallica a délivré un album plus que sérieux avec Ride the lightning qui ne demandait qu'une évolution digne de ce nom. C'est ce que nos cavaliers ont cru bon de faire et c'est en début d'année 1986 que l'on aura droit à cet opus; j'ai nommé : Master of Puppets
On prend la même base, le même modèle que Ride the lightning et on fait mieux. C'est ce qui s'annonce dès le début avec Battery; l'intro est aussi bonne pour le morceau que pour l'album ! De l'acoustique délicieuse aux airs latinos pour ouvrir le bal vivement et sèchement tranché par un vacarme électrique de tous les diables qui est parti pour brusquer nos ecoutilles pour pratiquement une heure de thrash metal comme on en a encore jamais entendu. C'est après cet introduction des plus fracassantes que les californiens ont décidé de placer l'hymne du trash metal par exellence, la chanson éponyme de l'album; Master of Puppets. De véritables coups de cannons enclenchent cet enfer enchanté et bercé par la voix enragé d'un Hetfield à la main droite enflammée. Parti sur un rythme infernal, les gars décident de faire une pause câlin en plein milieu du chaos, la partie la plus mythique de la chanson; le pont. Du son clair et un arpège métal sublimé par un magnifique solo, tellement beau que cela passe trop vite. La cadence élevée de cet album va trouver une accalmie des plus lourdes et angoissantes avec The Thing that should not be. On va continuer dans les sentiments avec la powerballad de l'album; Welcome home Sanitarium. Peu importe toutes les histoires autour de ce morceau, quand c'est beau et réussi, faut le dire et là; c'est le cas ! La partie guitare soliste est magnifique et les riffs balancés par Hetfield sont justes implacables et excellents. On enchaîne sur un morceau moins connu; Disposable heroes. Alors là comment dire... c'est brutal, rapide; on ajoute à ça un refrain a crier et recrier... on obtient une belle chanson de bourrin dont seul Metallica a le secret. On relève un peu le pied de la pedale de droite avec Leper Messiah, le doux guide vers la rencontre de la beauté et de la violence incarnée; Orion. Alors que la chanson fait son apparition progressivement, les quatre metalleux ont décidé de nous faire un peu le même coup que dans Master. Arrivé au milieu de la chanson, la tempête se retire pour laisser place au calme et laisser entendre et se distinguer une sorte de grosse voix éraillée et divine. Orion prononce son testament. Burton sort de sa basse les lignes les plus mélodieuses du métal tandis que Hammet et Hetfield en réponse à Orion, mettent en musique les paroles de Zeus et que la frappe d'Ulrich se mue en marteau de tribunal divin. Une fois le jugement rendu, on a droit à une cérémonie d'adieu sur mesure avec Damage inc. Cette fin donne malgré tout l'impression d'assister à un démarrage. Celui d'un tank plutôt rapide et naturellement violent. Un au revoir assez thrash qui a le mérite de terminer en beauté un album de TRES HAUTE volée.
Les quatre Horseman signent leur meilleur opus avec cet album; leur plus beau coup d'épée. Malheureusement, cet enregistrement sera le dernier avec le regretté Cliff Burton; un excellent bassiste parti bien trop vite. Cet album est une véritable merveille, Metallica n'a pas trouvé le saint graal; ils l'ont créé. La patte Burton s'y ressent très bien. C'est un magnifique travail; la dernière danse de Cliff et la plus belle.
Repose en paix, metal angel !