Il y a peu on évoquait Sun Ra par ici, et, à cette occasion, je notais que lors de sa dernière période d’activité son regard se portait vers sa jeunesse et ses débuts discographiques. On glisse souvent sur les débuts de Sun Ra avant qu’il n’ait entamé une carrière discographique, pourtant les années d’après-guerre sont fondamentales, particulièrement l’année 1946 où il va rencontrer et jouer dans le grand orchestre de Fletcher Henderson en tant que pianiste, suppléant le « vieux » Fletcher, mais surtout en tant qu’arrangeur, c’est là qu’il personnalisa son style, il se raconte que certains musiciens de l’orchestre étaient perdu dans les arrangements rutilants du jeune « Sonny » comme on l’appelait à cette époque.


Pendant un grand nombre d’années Sun Ra a donc été un arrangeur et conducteur de grande formation avant tout, c’est un savoir qu’il maîtrise à la perfection, du coup, vers la fin de sa vie il retourne à ses « classiques » et son orchestre reprend les codes d’autrefois, comme sur cet album « Mayan Temples » enregistré en 1990, le troisième sorti chez « Black Saint » après « Reflections In Blue » et « Hours After » qui, eux, sont tous les deux sortis en vinyle. Ce retour aux goûts anciens est déjà très perceptible sur « Sunrise In Different Dimensions » sorti sur Hat Hut et enregistré en 1980. Toutefois les deux variations autour du « Theme On The Stargazers » échappent clairement à l’orthodoxie. Attention le son n’a rien de vieillot et ça fait feu de tout bois et ça scintille de tout cuivre !


Pour autant si le cadre se fige davantage, les solistes restent fougueux et les improvisations parfois sauvages. Les musiciens de l’orchestre sont remarquables, on pense à John Gilmore au ténor, à Marshall Allen à l’alto et à la flûte, à Ahmed Abdullah et Michael Ray aux trompettes, il faudrait citer également June Tyson qui chante (trop peu) et à Sun Ra lui-même qui nous gratifie de superbes solos de piano. Des constantes également, comme le rôle prépondérant des percussions, l’album est long, plus de soixante-dix minutes, on y trouve trois standards me semble-t-il, dont « Time After Time » qui a su séduire notre mage, et qui sert de tremplin à Gilmore pour un superbe solo de plus.


Un Cd pas trop cher et beaucoup de bonne musique ici, l’un des tout derniers albums avant que la maladie n’arrive…


xeres
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le 7 avr. 2026

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