Ce qui se passe sous la ceinture...
Starkid Productions, à un moment indéfini de l'année 2009. Heureux du succès de leur première production théâtrale (A Very Potter Musical), ils décident d'en monter une autre. Non, ce n'est pas encore l'heure du Potter Sequel, d'autres idées sont d'en l'air. Ouais, on va plutôt raconter l'histoire d'un gars et de sa bite.
Oui.
Joey est un ado classé dans la catégorie des losers/ratés de l'école. Il a pas d'ami, à part peut être Sally, sa voisine pas si charmante du tout. Et Dick bien sûr, son pénis et meilleur ami de toujours (remarquez le somptueux jeu de mot).
La réputation de Joey est pas terrible. Et le coco est complètement raide dingue de Vanessa, la bimbo du lycée. Celle--ci, venant de se faire larguer, se fait convaincre par sa meilleure amie (la salope du lycée), de coucher avec un loser - comme Joey par exemple - pour rendre l'ex jaloux (on suit là ?). Mais comment va réagir Joey face à la chance de sa vie ? Et que dira Sally, la voisine un peu gourde, qui elle aime Joey pour ce qu'il est ?
Vous l'aurez compris, l'histoire de départ vole pas bien haut.
Mais l'originalité, que dis-je le génie, de la comédie musicale, réside dans la place accordée aux pénis/vagins des antagonistes, interprétés par des acteurs talentueux. Plus que des "accessoires" ils deviennent des personnages à part entière. L'un est fatigué d'être utilisé sans qu'on tienne compte de ses sentiments ; d'autres tombent amoureux pour la première fois. Chacun trempé de son caractère, plus ou moins à l'effigie du propriétaire, ils communiquent entre eux, font par de leurs impressions sur le monde, de l'ingratitude du monde. Bref, c'est les vrai héros de l'histoire.
Of course, on a le droit à nombre de situations caucasses du fait que les pénis et vagins sont interprétés par des acteurs. Faut les tenir à l'oeil, ne pas les laisser se balader aux alentours, ou les gens pourraient bien commencer à trouver ça bizarre. Leur parler aussi, n'est pas toujours bien vu.
On apprécie aussi les jeux de mots, l'absurdité de certaines situations (oh, le début est bien moins farfelu que la suite de l'histoire, ou des "lost dicks" et le "Council of the Pussies" font leur apparition) ; il y a les vannes qu'on attend, celles qui surprennent, mais d'une manière générale c'est assez marrant. Et bizarrement pas tellement vulgaire.
Ca ne se regarde pas pour la réflexion psychologique si la condition humaine. Ca se regarde parce que c'est mignon, malgré le thème, et même peut être un peu trop mignon, avec une fin niaise à souhait - les coeurs finissent par se mêler à l'histoire, (mais restent quand même bien moins romantiques que les autres organes). Je décide que c'est un parti pris, et que ça la rend géniale, mais on peut très facilement argumenter contre.
Comme d'habitude, les acteurs ont l'air de s'éclater, l'absurdité règne, et les chansons sont délicieuses de drôlerie. C'est méchant comme il faut et décalé comme il se doit.