Pendant ce temps en Norvège
Röyksopp,
c’est deux potes, Svein Berge et Torbjørn Brundtland, signifiant littéralement vesse-de-loup, champignon ayant la particularité de laisser jaillir des bouffées de fumées. Le groupe a expliqué que ce mot peut également évoquer le nuage atomique en forme de champignon résultant de l'explosion d'une bombe nucléaire . Leur premier album, Melody A.M, les a propulsé sur la scène internationale, découvert pour ma part de manière anecdotique, comme beaucoup de possesseurs d’Imac, grâce à leur titre le plus connu, Eple. En effet ce dernier se lançait au démarrage de la machine.
Pour ce premier album, ils se sont associés à divers artistes , créant ainsi une liste de morceaux mélangeant différents genres. Aux influences diverses, on peut citer Portishead , Tricky pour le morceau Sparks qui allie avec grâce la charmante voix de Anneli Marian Drecker sur une trip-hop alors à son apogée. Melody A.M c’est un condensé de genre , une espèce de recueil de ce qui à pu être fait dans le genre downtempo jusqu’alors et du Trip-hop dans les années 90 avec une touche de synthé. La pochette en main , on découvre un ciel scandinave et les quelques sapins qui pointent vers le ciel nous invitent à planer , ensuite on l’ouvre et on découvre les deux musicien en doudoune qui nous regardent, habitude qu’ils garderont pour les albums suivants Junior , et l’envoutant Senior.
Sur chaque pochette ils nous observent, comme si nous étions les cobayes d’une expérience dont ils tirent les ficelle.
L’album donc, on commence en douceur avec So easy et ses voix célestes accompagnées d’un synthé décomplexé, le morceau contient un sample d’une reprise de « «Blue on blue » de Bobby Vinton par le groupe suédois Gals and Pals, quand on parle d’influence variée . Ainsi se termine So easy , on oublie les voix et on plonge dans le tube du groupe, Eple, déjà cité plus haut . Si il y a un morceau pour définir le genre Röyksopp c’est bien In space, le nom déjà, ensuite la magie du synthé planant et une petite batterie qui empêche l’ennui, c’est bon mais pas autant que le titre suivant ; Poor Leno, sommet de l’album, nous permet de danser parmi les étoiles sur le son de casseroles célestes, la voix d’Erlend øye est sublime, ces mecs sont des génies…on continue le voyage, comme une goutte de pluie en Norvège se mêlant à la rivière et la traversant, on y fait des rencontres intrigantes, soudain A higher place s’invite à la danse et on se laisse emporter par le courant, c’est beau, rare, on ne s’arrête plus même si le chemin semble encore long , poussé par une force mystérieuse, Night out nous rejoint et on voit la nature nous offrir sa beauté nocturne, Remind me c’est le retour d’Erlend øye qui nous indique qu’on s’approche de la fin, on y est presque et voilà que des saxophones entrent dans la danse, She’s so c’est une déclaration d’amour à la nature, à sa fragilité et à sa violence.
Enfin nous voilà au bout du chemin mais les êtres étrange peuplant le morceau 40 years back nous retiennent jusqu’à notre dernier souffle . C’est donc à bout de souffle que l’on sort de Melody A.M, à bout de souffle et changé, on a été les témoins d’une expérience nouvelle et on se sent fier d’y avoir participer.
Au final Röyksopp, on a compris, c’est des amoureux de la nature, des explorateurs de la musique, des fous, des artistes purs et durs, armés de leur synthé multicolore et de leurs voix mystérieuses, rien ne peut les arrêter et c’est génial .