Elvin Jones - Merry-Go-Round (1972)
Un petit saut vers l’année 71 avec l'enregistrement de « Merry-Go-Round », l’album d’Elvin Jones, qui sortira sur le label de la note bleue l’année suivante. On y retrouve les musiciens qui tournent en sa compagnie, à cette époque, David Liebman au saxo soprano, Steve Grossman au ténor, Joe farrell au soprano ainsi qu’à la flûte et Gene Perla à la basse.
On pourrait penser qu’avec un pianiste l’affaire serait réglée et bien non ! A partir de cette ossature d’autres musiciens viennent se greffer au fil de l’album, Chick Corea et Jan Hammer aux claviers, Yoshiaki Masuo à la guitare, Pepper Adams au baryton et Frank Foster qui emmène avec lui un titre "Who's Afraid...", le dernier titre de l’album sur lequel il joue de la clarinette alto, une véritable pépite. Mais ce n’est pas tout à fait terminé, il manque encore quelqu’un, l’immense batteur va se joindre Don Alias à la conga, soyons francs, personne n’aurait parié là-dessus !
L’écoute de l’album est très agréable, très riche et variée. La multiplicité des musiciens qui arrivent puis s’en vont pourrait causer un manque d’unité et une grande disparité, il n’en est rien, l’excellence des solistes contribue grandement à la réussite de l’album, ainsi, je le suppose, que la notoriété très particulière de ce leader d’exception. Elvin Jones, en plus d’une technique inouïe est doué d’une puissance exceptionnelle qui le range dans les rangs des « batteurs- cogneurs », sa frappe est lourde et redoutée, bien que cet aspect soit gommé lors des enregistrements en studio, jouer en sa compagnie, en club, soumettait les solistes à l’obligation de tout donner.
On remarque en début de la face B la reprise de « La Fiesta » de Chick Corea, le très beau « A time for Love » de et avec Joe Farrell à la flûte et Elvin qui caresse les fûts et le coltranien "Britte Piece" de David Liebman. Toutes les compos sont signées par quelques-uns des musiciens présents, la chanson titre de l’album est une marche composée par l’épouse d’Elvin Jones, pour ma part c’est la pièce qui m’a le moins convaincu (le côté « marche » sans doute).