La fondamentale liberté de l'artiste, c'est de pouvoir, dans son geste créateur, faire de son oeuvre ce qu'il·elle veut.
Là, Suzane signe un "album-tract" (comme on parlait, en 68, de "ciné-tract"). En empruntant explicitement les habits de Stromae (au détour, surtout, d'Humanoïde et Champagne), la chanteuse décline un album éminément porté par la révolte #MeToo.
La noblesse du discours suffit-elle à oeuvrer à la grandeur de l'art ? De mon point de vue, persuadé, bon an mal an, que l'art n'a rien à voir avec la morale (exclusif champ de liberté, qu'on l'acclame ou qu'on le déplore, il doit même en explorer les marges), cet album, tout à son moralisme opportun (et, encore une fois, pleinement vertueux et justifié), cède aux modes musicales et ne délivre finalement pas d'oeuvre importante.
Reste que, certainement, les discours que clame Suzane font beaucoup de bien à beaucoup de femmes. Et c'est tant mieux !
Reste qu'assurément, cela en fait un "album-tract" exemplaire, ombré d'une oeuvre musicale médiocre.