Charles Mingus – Mingus At Antibes – (1979)


Cet album, du genre extraordinaire, est paru en mille neuf cent soixante-dix-neuf, mais le concert original, celui qui créa la légende, s’est donné le treize juillet mille neuf cent-soixante, à Antibes-Juan Lès-Pins.


Pour être plus précis il a connu une existence intermédiaire, dès soixante-seize au Japon, sous le titre « Charles Mingus Live with Eric Dolphy », avec une édition partielle des titres. L’album est phénoménal de par les membres réunis autour du grand Mingus, à commencer par l’immense Éric Dolphy au saxophone alto, et à la clarinette basse sur « What Love ? », le génial Booker Ervin au saxophone ténor et le pétillant Ted Curson à la trompette, le batteur est l’immuable Dannie Richmond, toujours fidèle au contrebassiste.


La première remarque consiste à noter qu’il n’y a pas de pianiste dans ce quintet, toutefois, un historique fit une apparition sur le titre « I’ll Remember April », il s’agit de Bud Powell, légende vivante du be-bop qui surgit ici. A l’époque du bop, il était mieux considéré que Monk, jugé trop excentrique !


L’album total dure soixante et onze minutes, le temps d’un feu d’artifice exceptionnel qui en fera un des plus grands albums de jazz de tous les temps. Par chance, il existe une vidéo assez longue, pour l’époque, de ce groupe qui joue en quintet, dans une version en noir et blanc, le genre de docu extraordinaire qu’il est plaisant de visionner, si l’occasion se profile, afin de toucher du doigt ce qui se produisit ce soir-là, à Antibes.


Il pourrait y avoir également un débat sur l’ordre des pièces, il n’y en a que six, mais elles apparaissent en ordre dispersé selon les rééditions, là je ne saurais vous aider pour reconstituer le fil exact, mais qu’importe tellement le double LP est d’une facture si extraordinaire, que l’ordonnancement des pièces n’est qu’une sorte de coquetterie. Les versions en Cd ont également leur intérêt, permettant l’écoute d’un trait sans trop bouger.


Mais les puristes, les vrais, s’ils ont des pépettes, s’orienteront vers les pressages japonais qui gardent, dit-on une légendaire avance de ce côté. L’important est de s’imaginer en situation, juillet mille neuf cent soixante, ressentir une telle déflagration, un tel torrent surpuissant qui déferle avec cette force, alors qu’ils ne sont que cinq à la barre, mais tous géniaux, hors-normes, hors catégorie, presque surhumain vous dis-je !


Il n’y a plus grand-chose à dire finalement, sinon que chacun est au meilleur de sa forme et que ça envoie du diable ! Ça chef d’œuvre du début à la fin sous la houlette du patron qui bûcheronne tel un demi-Dieu. C’est lui qui a composé toutes les pièces sauf le standard « I’ll Remember April » qui permet à Bud Powell de marquer son retour, pour le plaisir de tous, de Mingus et des autres, car il bénéficie du respect de chacun.


Certainement un des grands live de Mingus, en même que l’un de ses meilleurs albums !

xeres
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le 27 juil. 2025

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