Un album de John Zorn sorti sur Tzadik dans les « Archival Series ». Comme le nom l’indique ces archives sonores regroupent en premier lieu les rééditions du travail de John Zorn avant l’arrivée de Tzadik, en 1995. Elles concernent également des chapitres imposants comme les « Filmworks » ou les « Book of Angels » et nombre d’albums du maître. Ici notre album est le premier de la série des « Moonchild » qui contient sept volumes. Il est sorti en mai 2006 et la série s’achèvera en 2014 avec « The Last Judgment ».
Concernant le titre « Moonchild (Songs Without Words) » les mots dans la parenthèse ont leur importance et décrivent pour une part ce qui nous attend, compte-tenu que Mike Patton a pour instrument « la voix » que l’on entend. Des onomatopées donc, cris, murmures, râles, hurlements, gémissements, plaintes, il éructe, vocifère ou psalmodie. Nous voilà plongés dans un univers qui parfois peut sembler dément, copulant avec l’âme noire du métal le plus noir, repoussant les limites les plus extrêmes. Nous voilà plongés dans l’univers d’Antonin Artaud, d’Edgar Varèse ou d’Aleister Crowley auxquels l’album est dédicacé.
Les autres compagnons d’aventure de Mike Patton sont Trevor Dunn à la basse, il est énorme, les deux musiciens se connaissent parfaitement bien et le formidable Joey Baron tient les baguettes à la batterie. John Zorn écrit, compose et dirige. En fait pas de jazz ici plutôt du métal, de la noise et de l’expérimental. Une énergie, surgit des abîmes, qui se déploie avec force, habilement menée et dirigée par le sorcier, on baigne dans le lugubre et le lancinant, le maudit et le malsain, le démoniaque et le diabolique.
John Zorn est souvent là où on ne l’attend pas, ça fait partie de son charme…