Giuseppi Logan – More (1966)
Je continue sur ESP avec cet album de soixante-six dont je possède l’édition mono, c’est le second album de Giuseppi Logan, d’où le titre. C’est un peu une énigme Giuseppi, auteur de deux albums bravaches qui l’ont issé à la pointe du free jazz, il possède une discographie minime, essentiellement ses deux albums sur ESP et une participation sur l’excellent « Everywhere » de Roswell Rudd.
Il portait non seulement une voix originale, mais montrait également une autre « voie » avec un style et des conceptions plus personnelles. Ceux qui ont suivi la piste l’ont retrouvé en tant qu’employé des Postes, la carrière musicale semblant terminée. Restent ces témoignages assez incroyables pour qui s’intéresse au free jazz.
Giuseppi joue du saxophone alto, de la clarinette basse, de la flûte et du piano, avec le pianiste Don Pullen, les bassistes Reggie Johnson, face A, Eddie Gómez, face B, et le batteur Milford Graves. Un bel ensemble qui joue quatre titres répartis deux par deux sur les faces. La première est un enregistrement public au « Town Hall » en mai soixante-cinq, la seconde en studio ce même mois.
A l’époque il était célébré comme un pionnier du free aux côtés de Cecil Taylor ou d’Albert Ayler, puis il disparut des mémoires… Au saxo il ne recherchait pas les sons extrêmes, dans les aigus ou les graves, comme c’était souvent le cas, il préférait se cantonner dans les médiums et miser sur l’impact des flux de notes, un peu comme Cecil Taylor au piano. Sa façon de jouer était donc personnelle et reconnaissable.
Il joue donc des flux et des dissonances et se glisse dans le flot des impros de son incroyable formation, avec le génial Don Pullen et l’incroyable Milford Graves, déjà grand. Une remontée dans le temps bien agréable, souvenir d’une comète qui passa dans le ciel, illumina un moment la voute céleste avant de disparaître vers le pays des timbres…