Most Peculiar
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Most Peculiar

Album de Lage Lund (2023)

Lage Lund – Most Peculiar – (2024)


Je vous avais parlé du précédent album de Lage Lund, « Terrible Animals », qui m’avait bien plu. La sortie d’un nouvel album cette année ne pouvait me laisser indifférent. Lage est norvégien, guitariste, et installé aux Etats-Unis depuis quatre-vingt-quinze, avec quelques virées au pays natal de temps en temps, comme pendant le Covid.


Il consacrait une partie de sa vie à son instrument, histoire de faire quelque chose, d’avoir un projet au long cours, avec une exigence et le désir d’entretenir la « machine », et de ne pas succomber au « laisser aller », il confie : « C’était un peu comme une retraite, ou une résidence d’artiste ».


Cet album est en sorte une sorte de concrétisation de cette période-là, il réunit un quartet, avec le fidèle et génial batteur Tyshawn Sorey, Sullivan Fortner au piano, et Matt Brewer à la contrebasse, en lieu et place de Larry Grenadier. Dix pièces sont présentées et admirablement exécutées, dans un style post-bop de bon aloi. Du bon goût et du bon sens, une interprétation lumineuse et claire, de quoi satisfaire le public avide de bon jazz relativement « propre » et classique…


Là où il y a une originalité c’est dans les titres et les domaines abordés, qui proviennent tout droit de l’exil « Covid » avec sa famille, où les deux parents faisaient travailler leurs deux enfants autour de thèmes qui arrivaient un peu au hasard, lancés par l’un ou l’autre membre de la sphère familiale. Alors chacun travaillait autour d’une recherche et présentait une trace écrite en rapport avec le sujet du jour, « Trees », « Warsaw » ou Antartica » ou bien encore « Elephants » …


Lage Lund, lui aussi, s’entraînait à l’instrument, en considérant la thématique du jour, ainsi les titres de l’album sont en droite ligne issus de cette hibernation volontaire. « Cigarettes », le titre d’ouverture n’appartient pas au programme scolaire alors établi. Les amateurs de bonne guitare ne seront pas déçus, parfois on pense à Bill Frisell ou encore au vieux Wes Montgomery, le jeu de Lund est à la fois virtuose et très imaginatif.


Je n’ai évidemment rien contre le pianiste Sullivan Fortner plein de promesses et qui fait magnifiquement le job, mais je rêverais d’un album de Lund en trio, avec l’incroyable Tyshawn Sorey et Larry Grenadier, et ainsi voir se multiplier les soli du guitariste et mieux savourer encore les dialogues avec la section rythmique.


Attention à ne pas confondre la pochette avec le précédent, les deux se ressemblent terriblement…

xeres
9
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le 8 août 2025

Critique lue 4 fois

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