Out Of / Into – Motion I – (déc. 2024)
A l’énoncé des noms figurant dans la composition du groupe, j’ai tout de suite pensé à ce qu’on appelait parfois dans le rock, un « Supergroupe » avec un grand nom à chaque poste. Cette « recette » a été utilisée assez souvent avec des réussites variables.
Il y a une autre caractéristique présente ici, c’est l’étiquette Blue Note, avec un côté « jeune génération », ou renouveau du personnel, bref des musiciens tous confirmés mais appartenant plutôt à la nouvelle génération, suffisamment pour que l’idée de renouvellement se fasse.
En même temps c’est tout de même Blue Note, un mastodonte qu’on ne bouscule pas si facilement, avec ses habitudes, ses vieilles icônes indétrônables, et la marque indélébile que le label a laissé dans le cœur de chaque amateur de jazz. Bref, on bouscule une virgule ou deux, mais pas trop quand même, d’ailleurs qui le souhaiterait vraiment ? Le titre même de la formation, « Out Of / Into » pose question, hors de la tradition mais dedans quand même ? Mais procédons à la visite…
Celui qui semble le plus central, ne serait-ce que par le titre de directeur musical et les quatre compos qu’il signe sur un total de sept, c’est le pianiste Gerald Clayton. Viennent ensuite les stars du moment, le saxophoniste alto Immanuel Wilkins qui vend bien, ainsi que le joueur de vibraphone et de marimba Joël Ross, qui vaut également son paquet de pépites !
Côté section rythmique et en appui du pianiste, il y a Kendrick Scott à la batterie et Matt Brewer à la contrebasse, deux solides que l’on écoute ici avec grand plaisir, même s’ils ne sont pas aussi prestigieux que leur entourage immédiat. Kendrick Scott signe « Synchrocity », Joël Ross « Radical » et Matt Brewer « Aspiring To Normalcy ». Le seul qui arrive les mains dans les poches est le fameux Wilkins, mais on ne lui en veut pas.
Autant répondre de suite à la question qui taraude : « Est-ce que ça fonctionne ? » Et bien plutôt oui, la chimie a bien opérée et c’est une réussite. On retient assez vite « Aspiring To Normalcy », la pièce de l’inspiré contrebassiste, très belle, fragile et lyrique, toute en bellures et doucereuses volutes…
Le titre d’ouverture de Clayton « Ofafrii » va bien également avec son thème facile, c’est une bonne plateforme pour lancer les impros, tout comme le bopeux « Synchrony » de Scott qui renvoie aux bonnes années des hardbopeux Rollins, McLean ou Cannonball Adderley…
« Gabaldon’s Glide » est tout aussi savoureux, car ici rien ne déçoit, ni ne faibloit même, on goûte aux solos merveilleux qui s’empilent les uns après les autres, un peu comme dans une tempête de bonnes notes qui enivre…
Un magnifique album, juste.
Bon, aux dernières nouvelles, le second est déjà arrivé, alors…