4 octobre 2019 ·
Peu de choses me procurent cette sensation intense de relaxation profonde.
Hier soir j’ai mis ma collection de mp3 à jour, notamment ceux de Genocide Organ.
Je commande toutes les sorties vinyles mais mes platines vinyles sont débranchées depuis 2013 et je n’ai jamais joué tout ce que je reçois depuis.
Mais hier je lance "Movement", le 45 tours sorti cette année car un bon samaritain l’a enfin lâché sur soulseek.
Je lance le premier morceau et après quelques secondes, déjà je lève la tête happé par le son abrasif garant de qualité.
Des voix saturées, plutôt un discours sourd qui se mêle à un grincement se transformant en larsen stagnant, un râle de patient.
La structure mécanique de rouages industriels se lance, implacable, immuable, d’abord lointaine puis plus distincte au fur et à mesure, pour, après quelques instants, occuper tout le spectre sonore, devenant ainsi la ligne directrice du manifeste.
"I’m in flame" scande la voix dévorée par les flammes. Sûrement en parallèle a l’immolation du désormais célèbre Thich Quang Duc.
Si c’est le cas, la comparaison est brillante, d’un côté l’un s’immole dans la rue en signe de protestation contre l’anti-bouddhisme lattant du Vietnam à l’époque où les catholiques étaient au pouvoir, et de l’autre on a le bouddhiste Ashin Wirathu, brasier de l’anti islam Birman avec le mouvement 969 prônant l’ultranationalisme contre les Rohingyas.
Genocide Organ, que je traduis par "l’Organe du Génocide", est la maladie qui ronge l’Homme, la flamme qui le consume, le staphylocoque qui nécessite l’amputation, la bombe qui déchiquette les corps d’innocents.
Ils ont pris le parti courageux d’incarner les maux de notre monde, traiter l’extrémisme d’un point de vue interne. C’est l’observateur qui conte l’histoire qu’on tait prenant l’auditeur a contre pied, la où on s’attend à un message clair et rassurant lorsque l’on traite ces aspects, GO parle à la place du méchant réutilisant son discours.
Il faut alors analyser, observer, écouter et comprendre.
Rien ne viendra rassurer notre libre arbitre, aucune interview, aucune des phrases disséminées, le seul réconfort émanant de notre propre interprétation du support et du média, le groupe se reposant sur l’intelligence de ses auditeurs.