En vieillissant, on prend conscience de la valeur des premières fois.Par exemple, je me souviens avec émotion de la première fois que j'ai entendu de la musique 100% samplée avec le Private Press de DJ Shadow. Je me souviens des premières fois où j'ai vu des artistes briser les frontières du format imposé de la musique électronique. Pour moi c'était Fuck Buttons et leur jeu live quasi organique, James Holden et sa façon de convier la transe aux boucles séquencées, ou un live de Pantha du Prince. j'ai pris des claques aussi devant des lives modulaires.
Dans d'autres registres, la force des envolées lyriques de GY!BE, la claque vocale de San Salvador, ou si on va par là le premier morceau de métal, qu'on aime ou pas.
Toujours est-il qu'on n'a pas tous les jours l'occasion de découvrir quelque chose de nouveau. Et j'ai pris une énorme claque avec la musique de Maxime Denuc.
Pour le définir en un mot, Nachthorn c'est la rencontre d'un instrument archaïque - l'orgue à tuyaux - et de la logique techno. Maxime Denuc séquence un orgue midifié. Pas d'artifices, pas de rythmes, pas d'effets, mais des centaines de tuyaux qui s'activent, se répondent de façon millimétrée. L'instrument sacré des sonorités devient l'auteur de sons qui évoquent toutes les couleurs de la musique électronique.
Le résultat est mélodique, prenant, accessible, inouï. C'est juste... beau. Et ça donne envie de plus. Alors ça tombe bien, un nouveau disque semble être prévu pour octobre 2026.
Méga - recommandation.