Nani Nani
7.2
Nani Nani

Album de John Zorn et Yamataka Eye (1995)

Dekoboko Hajime & Yamantaka Eye – Nani Nani – (1995)


Mais qui est ce quidam ? Ce « Dekoboko Hajime » est-il fait de chair et de sang ?


Eh bien oui, une personnalité connue se cache sous ce pseudo, il suffit d’ouvrir le livret intérieur pour être au parfum et que la vérité apparaisse, c’est tout simplement John Zorn qui batifole avec Yamantaka Eye sur cet album carrément bizarre…


Douze vignettes plutôt courtes, souvent expérimentales et étranges, qui disent tout en quelques secondes, si ce n’est « Bad Hawkwind » qui dure plus de dix-huit minutes, le reste file à toute vitesse, avec des idées en pagaille qui s’entrechoquent et se bousculent, c’est bavard, électro, bruitiste, dérangeant, déclamatoire, piaillant, sale gosse, zarbi, planant, dissonant, iconono…


John Zorn joue du sax, de l’harmonium, de la guitare, du sitar et des samples, Yamantaka Eye du chant, de la batterie, des percus et des « jouets ». Les deux composent et improvisent, créent au fil de l’eau découpent et ne gardent que le nécessaire, quand il se passe quelque chose et que l’envie vient de conserver l’instant, la minute…


Alors forcément, c’est pas toujours audible et de bon goût, ça gueule un peu de temps en temps, comme sur l’affreux « Propolution », mais tout est déjà dans le titre ! Ça peut être très free comme sur « We live », l’espace d’un instant, ou ciselé comme sur « My Rainbow Life » …


Beaucoup n’aimeront pas, d’évidence, mais il n’est pas écrit qu’il faille plaire coûte que coûte et à tout prix, Dekoboko Hajime est capable de provocation, et quand il rencontre le membre fondateur de « Boredoms » ça peut ne finir que comme ça.


La pièce majeure « Bad Hawkwind » s’appuie sur un drone électro qui étale une sonorité « indus » sur laquelle de petits cris se font entendre à intervalles réguliers, des variations assez légères laissent percevoir une évolution dans la tension qui s’installe durablement, tandis que les cris s’accélèrent, évoquant des coassements menaçants, et que le drone se fait de plus en plus strident, presque pressant…


Les deux se reverront lors de la série du cinquantième anniversaire, mais je vous en ai déjà parlé…

xeres
8
Écrit par

Créée

le 18 juin 2025

Critique lue 8 fois

xeres

Écrit par

Critique lue 8 fois

Du même critique

Lanquidity

Lanquidity

10

xeres

2163 critiques

Un voyage dans le "Space-Jazz-Rock"...

Plus que tout autre, Sun Ra est une bibliothèque, il a parcouru, lu et écrit l'histoire du jazz, de l’intérieur, il a vécu les évolutions et participé aux révolutions. Membre actif de cette longue...

le 28 févr. 2016

Bitches Brew

Bitches Brew

10

xeres

2163 critiques

Critique de Bitches Brew par xeres

Ce qui frappe en premier lieu, c’est la beauté de la pochette créée par Mati Klarwein. On la devine symbolique, plus particulièrement quand elle s’offre déployée, pochette gatefold ouverte. On...

le 5 mars 2016

Both Directions at Once: The Lost Album

Both Directions at Once: The Lost Album

10

xeres

2163 critiques

Critique de Both Directions at Once: The Lost Album par xeres

« Il » est arrivé ce matin, bien protégé, sous cellophane, belle pochette avec deux triangles découpés laissant apercevoir la sous-pochette… Le vinyle avec le prestigieux macaron « Impulse »,...

le 2 juil. 2018