Narrow
7.1
Narrow

Album de Soap&Skin (2012)

Elle serait une Nina Simone venue d'Autriche, avec sa voix plutôt grave et la profondeur d'un piano. Mais si elle a préféré Desireless à Brel, elle n'en a pas moins de grandeur et de force. Sur Narrow, on écoute, ému, les cris mélodieux d'un fantôme du passé. Noirceur électronique. Quand Anja Plaschg chante, ce sont des immeubles qui s'écroulent, des larmes qui ravagent les joues, c'est la terre qui gronde et explose. Sa voix enfonce le mur du son et sa musique transperce le cœur.


Cet album est hanté par la mort de son père, comme un nuage sombre planant au dessus du piano mélancolique, au dessus de cette voix abyssale unique. Narrow s'ouvre sur Vater, seul morceau dans sa langue natale, dont la douceur des débuts se mue en un orage triste. On croirait ne jamais pouvoir en sortir, puis les premiers mots français de Voyage voyage nous rattrapent. Reprise déroutante avec ce je ne sais quoi d'envoûtant. Soap&Skin parvient à déshabiller ce tube de toute sa ringardise et lui offre une somptueuse profondeur. Quelques chœurs se déposent sur Wonder, comme une lueur dans la pénombre et alors Narrow se clôt sur des nappes de violon à s'en noyer les yeux et sur un dernier morceau aux allures de combat épique dans le brouillard, où tombent les coups et les tambours électroniques.


Il est difficile de trouver le moment d'écoute idéal pour cet album complexe. Il faut l'aborder comme une œuvre d'art, la contempler dans le silence de la solitude.


Chronique à retrouver sur 5 à la semaine

Julie-julie
8
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Créée

le 17 juil. 2016

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Julie-julie

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