Andre 3000 - New Blue Sun – (2024)
Le millésime au-dessus correspond à la sortie physique, pour ce qui me concerne, c’est le double Cd, je l’attends depuis presque trois mois, quand commande fut faite, il est arrivé aujourd’hui, enfin réceptionné… L’histoire est connue, le gars c’est la moitié d’Outcast, André Lauren Benjamin, ce qui donna à cet album un genre de notoriété qu’il n’aurait sans doute pas connu si le nom avait été différent.
Adieu Hip Hop, veau, vaches, cochons, couvées… Reste l’ambient, essentiellement, André a sauté du plongeoir Hip Hop, a effectué un salto avant et se retrouve immergé dans la veine électro-ambient en compagnie de quelques sommités des lieux avec lesquelles il s’est acoquiné, lui et ses flûtes, pendant presque quatre-vingts minutes.
Mon approche de l’ambient est assez parcellaire et je n’aime pas forcément tout, sur cet album c’est un peu ça, il y a parfois un peu d’ennui, mais pas tant que ça, et jamais de déplaisir. Le second Cd particulièrement est essentiellement passionnant, les amateurs de Carlos Niño, dont je fais partie, ne seront de toute façon pas déçus.
Carlos, multi-instrumentiste, multi-couleurs qui joue des cloches, cymbales, tambours, gongs, percussions, carillons et des plantes aussi, si, si… Nate Mercereau joue des guitares, certaines bricolés aux synthés et des samples également. Il y a aussi Surya Botofasina aux claviers et aux synthés ces trois-là sont les permanents avec Andre 3000 qui joue des instruments à vents digitaux, comprendre des flûtes de diverses sortes, y compris les synthétiques…
Sur le second CD Diego Gaeta remplace Surya aux claviers, Matthewdavid s’ajoute à l’électro et Shabaka intervient sur la pièce « Minety Three ‘Til Infinity And Beyoncé » et joue de la flûte shakuhachi, une flûte japonaise à cinq trous, la pièce est bien chouette. « Ghandi, Dalai Lama, Your Lord & Savior J.C. / Bundy, Jeffrey Dahmer, And John Wayne Gacy » qui suit avec bonheur qui fait bien plaisir également.
Toutes les compos appartiennent à l’univers des improvisations plus ou moins préparées, on laisse tourner les bandes et on voit… Une façon de faire qui a ses avantages et ses adeptes, pour ma part j’apprécie généralement les résultats de cette liberté commune qui a l’avantage de permettre d’écarter la part la moins inspirée, et de conserver la fleur de sel…
« Ants To You, Gods To Who ? » qui suit est flottant, élastique, un peu chamallow avec ses synthés en avant qui se superposent, et ces ajouts qui pointent, venus de tous côtés pour ajouter de la variété, puis repartir, s’éteindre et laisser la place…
La dernière pièce « Dreams Once Buried Beneath The Dungeon Floor Slowly Sprout Into Undying Gardens » dépasse les dix-sept minutes, c’est une pièce très aérienne et vaporeuse qui obéit à la loi des gaz et des vents, sans racine elle obéit aux lois des vibrations et se frotte avec une grande quiétude aux sons qui s’ajoutent et repartent, dans la tranquillité et la douce insouciance… Le final est assez grandiose, ample et serein, avec force et majesté