John Zorn – New Masada Quartet Vol. 2 (2023)
Voici donc le second volume du New Masada Quartet dont le projet est d’interpréter les compositions tirées des Songbooks Masada, s’inscrivant dans la continuation de l’historique « Masada » composé de Dave Douglas, Greg Cohen, Joey Baron et John Zorn. A l’époque, entre quatre-vingt-quatorze et quatre-vingt-dix-huit, dix volumes furent enregistrés, puis une série de live entre quatre-vingt-dix-huit et deux mille deux, avec en outre quelques extras…
Pour ce faire la nouvelle formation est formée par Julian Lage à la guitare, Jorge Roeder à la contrebasse, Kenny Wollesen à la batterie et évidemment John Zorn lui-même au saxophone alto. Les thèmes retenus sont toujours dans la même veine, à savoir la musique klezmer pour la tradition et le jazz pour la modernité, « Rahtiel » par exemple pourrait résumer ce mélange heureux fort réussi.
On retrouve ici ce qui fait le point fort de cette musique, le lyrisme avant tout, prenant, qui parle au ventre et aux tripes, avec un Zorn qui ne recule devant rien et qui s’offre au moment voulu quelques glissades free du meilleur effet. Il y a également ce curieux « Jair » pris en sandwich entre un rythm & blues convenu et un dérapage free-jazz déjanté, mélange des contraires parfaitement collés et incrustés.
« Abidan » permet de goûter aux savoureuses sonorités de la guitare de Julian Lage qui nous offre une introduction de la pièce parfaitement délectable. Puis le saxo de Zorn nous promène dans un voyage un peu nostalgique, porté toujours par cette merveilleuse guitare qui transporte à travers ses accords des climats sublimes, nous voici emportés dans un magnifique voyage…
D'ores et déjà il est permis de préférer ce second volume par rapport au précédent, tout simplement parce qu’il touche davantage et se montre plus chaud, la cohésion entre les musiciens fonctionne à plein et ça se ressent, sans parler de froideur, le premier volume n’emballait pas à ce point, mais se bornait à sceller une réunion de musiciens. Ici ce stade est dépassé, ça se confirme d’ailleurs avec les deux derniers titres qui valent le détour également.