Ecouter Sam Cooke, c'est revenir à l'origine du Rhythm and Blues.
Ce mouvement qui met en valeur les talents vocaux des chanteurs.
Ce que Sam Cooke fait parfaitement avec sa voix digne des plus beaux chants de Noël américains.
Il est cependant un formidable chanteur du Gospel, que ce soit sous influence religieuse ou profane.
Le titre de l'album que je préfère est "Mean Old World" dans lequel on retrouve pleinement ce qui a fait le succès de Sam Cooke :
- l'introduction au piano qui lance ensuite les autres instruments (guitare, (contre)basse, clavier...)
- le rythme lent et chaloupé du blues,
- les montées vocales dans les aigus,
- les montées en puissance ponctuelles et corrélées de la voix et de l'instrumentation,
- les textes qui parlent d'amour que l'on reçoit mais également que l'on donne dans une société on l'on se perd...
"For this is a mean old world to try and live in, all by yourself".
Aussi rien d'étonnant qu'on ait considéré qu'il a posé les jalons du genre dont on lui attribuera - a posteriori - la paternité : la soul.
Il est auteur, compositeur et interprète, ce qui est rare pour des artistes de cette époque qui sont généralement plus des faire-valoir, qu'ils soient noirs ou pas.
En étant provocateur, Otis Redding et AL Green semblent presque de pâles copies car tout a été écrit avant eux. Sauf peut-être la persévérance pour trouver des mélodies prégnantes et un peu (plus) d'originalité dans les textes.