Matthis Pascaud & Hugh Coltman – Night Trippin' (2022)
Matthis Pascaud est guitariste, il a rencontré Hugh Coltman, chanteur anglais plutôt renommé, alors qu’il faisait un remplacement dans son groupe et, entre ces deux-là, ça a collé direct. Ils se sont découverts une passion commune pour l’œuvre (au noir) du fameux Dr John, ce dernier est, comme on le sait, adepte du vaudou, fait appel aux loups-garous, avance dans le bayou à travers le marais, sur une pirogue qu’il guide entre les crocodiles, il ne risque rien : c’est un shaman !
Matthis et Hugh se concentrent sur la période des années soixante et du début des années soixante-dix, choisissant le matériau de leur album, en bricolant pas mal, le but ici c’est de recréer l’ambiance étrange et mystérieuse du bon docteur, et c’est globalement réussi, sans doute un peu inégal parfois, mais quand même quelques reprises d’enfer qui compensent.
Ça commence avec « Cha Dooky Doo », un titre de soixante-treize enregistré par le Dr avec Mike Bloomfield sur l’album « Triumvirate », c’est sans doute le meilleur titre ici, en tout cas le plus immédiatement accrocheur. On continue avec « Jump Sturdy », extrait de l’album mythique « Gris-Gris » de soixante-huit, grosse influence, qui a inspiré notre duo avec d’autres reprises, « Mama Roux », « Dance Flambeaux » et « I Walk on Guilded Splinters ».
Le second album « Babylon » de soixante-neuf, nous offre « Barefoot Lady » et « Glowin’ ». L’excellent « Remedies » de soixante-dix nous propose le célèbre « Loop Garoo ». « The Sun, Moon & Herbs » de l’année suivante est honoré par la reprise de « Black John The Conqueror » et le titre « Same Old Same Old » provient d’« In The Right Place » de soixante-treize.
Je pense qu’on a fait le tour des meilleurs albums du Dr John, bien qu’il en ait d’autres très honorables, « Desitively Bonnaroo » par exemple, le premier que j’ai écouté de la part du Sieur. L’ambiance est vraiment parfaitement bien restituée, la voix rocailleuse et hantée de Hugh Coltman fait merveille ici et le jeu de Matthis est parfaitement calibré pour cet exercice.
Un album qui plaira aux amateurs du bon docteur et sans doute plus largement au public rock qui devrait s’y retrouver plutôt bien.