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le 1 mars 2022
SuivrePutain ! 35 ans !
Immolation nous habitue à attendre entre chaque album. On parle alors d’une moyenne de trois ans et il en aura fallu cette fois-ci cinq pour voir un successeur au très direct « Atonement ». D’autant...
Trente-sept ans de carrière, un duo inamovible et une énergie sans cesse renouvelée, qu'il s'agisse d'honorer un live ou d'enregistrer du nouveau matériel, tandis que chaque nouvel album — il s'agit ici du sixième — est attendu avec fébrilité. Est-ce que donc Archgoat a encore quelque chose à dire ? Bien entendu que non, et cela depuis leur premier album sorti en 2006 après plus d'une décennie de maturation entre différents EP et split avec Beherit (excusez du peu, avant même le premier opus !). D'autant qu'il s'agit du quatrième album d'affilée à être produit par nos compatriotes de Debemur Morti, et toujours le quatrième à avoir comme ingénieur son Teemu Velin au curriculum vitae où se croisent des vilains Satanic Warmaster, Goatmoon et Blood Chalice. Le mal se répand mais surtout se répète. La réitération de la même formule ad nauseam tuerait-elle la qualité ? Après la première écoute de ce Nightbringer, Lightbringer, on pourra répéter tant que l'on veut que le genre du black/death à tendance « war » est aussi saturé que codifié, il n'en reste pas moins des vérités intangibles : certains groupes ne peuvent pas mourir.
Toutes les chroniques diront la même chose : on sait ce qu'on attend d'Archgoat, on sait donc ce que l'on récolte, et leur offrande comble invariablement tous nos désirs les plus lubriques. Encore une victoire du duo de Turku. La chronique peut s'arrêter là ? L'album commence toujours par cette sempiternelle introduction qui respire le soufre de l'enfer, immédiatement suivie par un titre alternant grosses accélérations glaireuses et mid-tempos aussi bestiaux que primitifs. Vous entendez le riff principal du titre éponyme ? Il démarre sur les chapeaux de roue et vous allez vous le remettre en tête toute la journée. C'est du Archgoat. Animal et souterrain. Toujours et encore. Et l'ensemble de l'album est de cette égale constance. Viscérale et entêtante. Toujours et encore.
De là à affirmer que la formule de 2026 est un décalque de Worship the Eternal Darkness, il y a un pas que je ne franchirai pas. Il est amusant de constater que malgré une formule inchangée, un producteur et un ingénieur son identiques en quatre albums, des subtilités émergent sur cette nouvelle offrande, à défaut d'évoquer de réelles nouveautés. Une production plus épaisse d'une part, mais surtout plus ronde et organique, permet de prendre la mesure bandatoire des mid-tempos plus réguliers de cet album d'une quarantaine de minutes. À ce titre, le travail de Goat Aggressor, batteur en titre de Malum, est excellent : un son clair, puissant, tout en reliefs. En effet, le tempo général est globalement plus traînant, ce qui me fait souvent penser aux atmosphères et au langage rampant de la fin des années 1980, début années 1990 sur le black metal primaire finlandais, quand Beherit par exemple, savait ralentir la cadence pour nous embarquer dans une danse macabre lascive. Oui, je songe au titre légendaire « Gates of Nanna » par exemple. Si la violence jubilatoire est intacte, il est agréable de ressentir le travail du trio sur les ambiances qui nous rapprochent de la chaleur des bougies noires. L'ensemble de ces petites témérités donne une singularité bienvenue à cet excellent Nightbringer, Lightbringer.
Parlons vite, exclamons fort : Archgoat s'inscrit encore trente-sept ans après sa formation dans le peloton de tête des meilleurs albums de l'année en metal noir.
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Brutal et sombre : le Bulletin Audio 2026 de la Bête
Créée
le 28 sept. 2026
Critique lue 9 fois
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