José James – No Beginning No End – (2013)
« No Beginning No End » est le premier album pour « Blue Note » enregistré par le chanteur baryton. Il est souvent « en limite », comprendre par là qu’il se balade vers les frontières, entre soul et jazz, variété et pop, charmeur et crooner, et, à priori, pas mauvais garçon… Tout ici est doux, cool, ça susurre et charme, ballades et confidences, murmures au coin de l’oreille …
Dans son genre cet album est une pépite, un truc balaise dans son créneau, qui réussit son coup sans férir, enfin c’est mon avis, c’est pourquoi je le dépose ici, ça pourrait brancher quelqu’un de passage, peu habitué à ces sucreries, qui dresserait l’oreille, par exemple le titre « Sword+Gun », où José chante avec Hindi Zahra, pour nous dire que la violence c’est pas gentil, avec des accents venus de l’ailleurs…
Le truc le plus pop, probablement aussi le plus commercial, c’est le très réussi « Come To My Door » qui coche beaucoup de cases, où José partage le titre que Emily King lui a écrit, dans une partie à deux où les voix conversent, la pièce est présentée sur l’album en deux versions différentes. « Heaven on the Ground » est également une autre pièce signée de la compositrice, qu’ils interprètent également en duo, un chouïa plus gnangnan.
Mais on pourrait également parler de « Vanguard », avec la caution Blue Note en la personne de Robert Glasper, qui signe la musique, et accompagne, avec le Rhodes, le chanteur à la voix de velours…
On peut également parler de « Trouble », qui est le premier single de l’album, et qui groove comme il faut, avec une section de cuivres qui intervient bien à propos, et la basse qui roule gentiment, et accompagne les déhanchements lents qu’elle suscite.
Chaque pièce possède son charme et sa personnalité, comme « Bird of Space » un peu barrée et rêveuse, soul, et manifestation typique du phrasé unique de José James, qui accentue les syllabes à sa façon, imperturbable, et juste au bon endroit…
Je signale également « Do You Feel », une des deux pièces les plus longues, dans la tradition des ballades qui durent et s’éternisent, avec un magnifique solo de piano de qui vous savez, et voilà que le blues se greffe méchamment dans le groove et nous voilà piégés, transis…
Bon, bon, il va falloir encore creuser un peu cette affaire James/Blue Note… C’est dit !