John Zorn – Nocturnes – (2025)
A la suite d’une longue tradition qui prend ses racines dans la musique classique, dite « savante », John Zorn s’inscrit à son tour dans l’écriture de « Nocturnes », musiques de nuit et douceurs des soirs déjà dépassés, à la suite de Chopin ou Debussy, pour ne citer que les plus connus.
Zorn convoque à nouveau son trio de choc, avec Brian Marsella au piano, Jorge Roeder à la contrebasse et Ches Smith à la batterie, des habitués du moment, le trio préférentiel et élu, qui réunit l’ensemble des qualités requises pour que tout soit parfait.
Zorn a composé huit pièces qui se livrent ici, parfaitement interprétées, musique classieuse bien que jazz, subtile et onirique, avec une ombre visionnaire que l’on perçoit sur la très belle « Nocturne Nr. 4 » qui file son chemin dans l’obscur…
La nuit est secrète, elle aime les pinceaux qui caressent la caisse claire, les cordes pincées de la contrebasse qui vibrent jusqu’au dernier tremblement, le piano dont les touches s’écrasent mollassonnes, avant de dessiner un tourbillon qui vous perd vers son centre…
La « Nocturne Nr. 6 » est des plus séduisantes, succédant à la « 5 » également formidable, la « Nr. 7 » semble de minuit, plus mystérieuse encore, dessine-t-elle une trame ? Un dessein caché ? Ou bien la rencontre de quelques amoureux empressés ? La nuit est souvent le théâtre de l’amour et de la tendresse, quand sentiments et corps se mélangent…
Une fois de plus un album exquis, fort réussi, qui se livre dans sa trame avec délicatesse, douceur et expressivité, du grand Zorn, encore…