Lorsque les métalleux chambrent leurs collègues en leur reporchant leurs goûts pour le « faux metal » ou le « metal de fiottes », ils aiment choisir Nightwish pour illustrer leurs railleries.
Je ne voulais pas me prononcer sans écouter ce groupe, alors je me suis renseigné sur leur album phare, à savoir Oceanborn, qui est unanimement reconnu comme tel par les adeptes. Eh bien malgré l’aspect « fragile » du contenu musical et ma propension à rejeter toute innovation, je dois admettre que j’ai pris un certain plaisir à briser mes barrières pour me laisser porter par les mélodies carressantes, envoûtantes, sublimées par la voix très juste de Tarja qui nous guide dans les mondes merveilleux d’Oceanborn.
Nightwish, c’est un mélange de mélodies épiques, de voix puissantes et de arrangements symphoniques riches et dont la netteté nous ravit les esgourdes. L'album présente une atmosphère à la fois sombre et mélancolique, créant un univers captivant qui transporte l'auditeur dans des paysages imaginaires, azurés, planants.
La voix de Tarja Turunen est sans aucun doute l'un des points forts de cet album. Sa voix lyrique et émotionnelle ajoute une profondeur et une intensité particulière aux chansons. Il n’y a qu’à l’entendre jouer La Reine de la Nuit sur Passion at the Opera pour s’en rendre compte. Les instrumentales sont également d'une qualité exceptionnelle, il est impossible de ne pas succomber au très virevoltant Moondance, ou à la fin sublime de Swanheart. Les parties instrumentales sont toujours gratifiées d’arrangements orchestraux magnifiquement exécutés.
Il y a également des morceaux plus rentre-dedans comme Stargazer ou The Pharaoh Sails to Orion qui parviennent à faire mouche malgré quelques petites fragilités cristallines qui les font sortir du cadre du metal, celui aimé et prôné par les puristes.
La puissanace émotionnelle de Walking in the Air en est un exemple parfait, tant marque au fer rouge. Que ce soit par les arpèges au piano, les harmonies symphoniques, la noblesse des accords, ou ce superbe passage musical précédant l’arrivée des percussions, on ne ressort pas indemne de cette écoute, le meilleur morceau de l’album.
Alors oui, certaines parties au piano peuvent rebuter tant elles font un peu niaises et inutilement rose bonbon, ou la voix de Tarja peut aussi écœurer à la longue, mais il n’empêche que cet album est une très belle traversée des océans par un équipage fantastique et rigoureux à la fois qui mène son vaisseau damasquiné de poésie et d’étoiles en usant de pouvoir magiques.
On peut trouver ça niais, moi je trouve ça beau ! Alors oui, ça met bien moins en transe qu’un Blood of my Enemies, Megalomania, All Guns Blazing, Three Days of Darkness et d’autres, mais suffit de laisser nos défenses de matamore s’effriter et de se laisser porter, et le voyage, dans son apaisement, est vraiment loin d’être désagréable.