Scolohofo – Oh! – (2003)
Voici le premier et l’unique album de la formation ScoLoHoFo, dont le nom est une construction habile formée à partir de celui des musiciens qui la compose. Ainsi on découvre dans l’ordre, le guitariste John SCOfield, Joe LOvano au sax ténor et soprano, Dave HOlland à la basse et enfin le batteur Al FOster, une sorte de supergroupe, pourrait-on dire.
C’est un « Blue Note » live enregistré au « two-track » les trente et trente et un juillet deux mille deux. L’album dépasse les soixante-dix-sept minutes d’enregistrement, c’est parfois un peu inégal car certains « hauts » sont plus hauts que d’autres, mais avec de tels musiciens, on ne s’ennuie jamais, même si certains titres se détachent sensiblement.
L’ambiance qui se dégage de cet album pourrait évoquer une « Jam » à l’ancienne pendant laquelle les deux solistes à l’avant, Lovano et Scofield prennent la part du lion, idéalement soutenus par cette section rythmique de rêve, composée de Dave Holland et Al Foster. Chacun est aisément audible tant l’album est admirablement mixé, et la définition du son excellente.
Lovano est évidemment sensationnel, très à l’aise dans cet environnement, il a composé la première et belle pièce qui donne son titre à l’album « Oh ! », ainsi que « New Amsterdam », la pièce la plus longue de l’album et un des sommets du set, où le saxophoniste performe, il a également signé « The Dawn of Time ».
Mais celui qui, me semble-t-il, s’en sort le mieux, c’est John Scofield, extrêmement lumineux et passionnant lors de ses solos, il apporte des couleurs magnifiques, profitant à plein de cette base rythmique à la fois solide et créative. Il compose « Right About Now » la très belle seconde pièce, « Shorter Forme » ainsi que « Oh I See » très bluesy, qui termine magnifiquement l’album.
Dave Holland apporte également trois pièces ici, « The Winding Way » qu’illumine Scofield par un très beau solo, tout comme le calme « In Your Arms » qui l’inspire également, la troisième compo de Dave est « Faces » où il brille magnifiquement. Al Foster, lui, emmène « Bittersweet » et « Brandyn » dans sa besace, complétant ainsi le répertoire joué ces deux soirs là.
Un chouette album à quatre où chacun apporte sa pierre à l’édifice, difficile à classer autrement que dans les réussites du genre, même s’il n’y eut qu’un album au compteur. Comme indiqué la jauge est restée haute tout du long, ce qui n’annonce que du bon…