Ce que je connais de Deftones en entamant l'écoute de Ohms ce ne sont que les tubes de la fin des 90's/début 2000 -comme tout le monde- ainsi que l'ensemble de l'album éponyme (communément appelé mais si tu sais celui avec le crâne et les roses là) que j'aime franchement pas mal mais qui ont de ce fait placé la barre de mes attentes en ce qui concerne le son du groupe à un certain niveau. C'est pas le groupe de ma vie, loin de là, mais j'apprécie beaucoup la tension créée par le clash des genres et des textures dans ce que je connais de leur oeuvre. Voix éthérées sur riffs de kaijū, hurlements frénétiques sur nappes quasi-shoegaze en 7/4 syncopé, comme si tous les instruments tendaient à se défaire de leur monstrueuse harmonie dans un tir à la corde sans vainqueur, trouvant miraculeusement son équilibre, e que s'apelorio Deftones.
Eh bien ça, sur Ohms, je ne l'ai -presque- pas retrouvé.
Pourtant la pochette est jolie et Genesis une ouverture prometteuse (quoique peut-être déjà trop longue pour son propre bien), mais dès Ceremony, et surtout l'agaçant Urantia, mes espoirs s'évanouissent : la corde s'est détendue et tout cela est bien lisse. Quelques passages un peu plus rugueux ravivent ponctuellement l'écoute (les échos de la voix de Moreno sur Genesis, quelques passages chaotiques au chant crié sur The Spell of Mathematics ou encore Radiant City) et les lignes de synthé de Delgado épousent remarquablement bien la guitare de Carpenter quand elles ne brillent pas simplement en solo, sur l'intro de l'album ou bien l'outro de Pompeji (qui aurait mérité une piste à elle seule), mais tout cela ne suffit pas à contrebalancer la timidité des compos et des harmonies.
À aucun moment l'album n'est vraiment révoltant non plus (malgré tous les efforts du très kitsch Error pour performer dans cette voie), mais il reste à mes oreilles trop poli, un peu mou et facile, comme un Deftones light (dis-je sans rien savoir de leur discographie et de ses potentiels accidents entre 2003 et 2020) dont, malgré les écoutes répétées, je ne retiens presque rien. Le tout début de l'album et les tracks 5, 6 et 7, à la rigueur, mais qu'en restera-t-il d'ici une semaine ou un mois ?
Rien de terrible.
(en réalité je sais pas du tout s'ils ont déjà composé un morceau en 7/4... par contre Abe Cunningham il syncope un max)