Marion Rampal – Oizel – (2024)
Paru en février voici « Oizel » de Marion Rampal, deux versions au menu, le vinyle ou le Cd, celui-ci riche d’un titre supplémentaire, « La Nuit Avant Les Mots », de quoi donner à réfléchir entre deux propositions avec inconvénient penseront certains. Mais l’usage révèle ce qui reste caché, le lecteur Cd affiche un douzième titre, puis un treizième, et encore un quatorzième, plus de cinquante minutes au total … Décidément l’option vinyle n’est utile que si vous désirez décorer votre salon avec la pochette ! Pourtant le petit livret accompagnant le Cd ne dévoile que onze titres…
Sur l’emballage des stickers, Télérama, Sélection FIP, Indispensable Jazz News, Choc Jazz Magazine, de quoi vous éblouir et vous suggérer que vous n’êtes pas face à un objet banal ou quelconque, mais bien face à une œuvre de qualité, un truc rare et raffiné, du genre à ne pas rater. Et, sincèrement, c’est un peu vrai, l’album m’a conquis, mais je partais avec une bienveillance évidente, je suis Marion depuis tant d’années, depuis qu’elle était un élément fidèle dans bien des coups d’Archie Shepp, en fait.
La question qui se pose n’est pas si importante, mais je m’y risque, peut-on encore parler ici d’un album de jazz ? Voilà, c’est dit, le jazz est là, mais de temps en temps, il rôde parfois, dans le creux d’un solo, une envolée, une réminiscence ou une résurgence… Mais qu’importe si on bascule du côté de la chanson française, c’est que l’évolution de l’artiste l’exige, sans pour autant léser qui que ce soit…
Car on entend quand même quelques pointures made in french jazz accompagnant la vocaliste, Matthis Pascaud, Raphaël Chassin, Christophe Panzani, Simon Tailleu, ils assurent tout comme il faut et avec talent et précision. Deux invités également, Bertrand Belin qui chante en duo sur « De Beaux Dimanches » et Lara Cahen au chant également sur « Canards ».
L’ensemble obéit aux standards de la chanson française, et plutôt vers le haut du panier. Le fil conducteur de l’album se construit autour de « l’oiseau » et son corollaire, « la liberté » à laquelle aspire le monde, il faut la rouerie d’un Bob Dylan pour affirmer que l’oiseau, lui aussi, est enchaîné au ciel…
Sans conteste un magnifique album!