Please could you stop the nose i'm trying to get some rest...
Attention objet culte.
Posons le décor : nous sommes en 1997. Le rock made in UK - orphelin des Floyd - se déchire dans une pseudo gueguerre montée de toutes pièces entre les pro Blur et les pro Oasis. Dans le lot de ceux qui ramassent les miettes il y a un petit groupe d'Oxford qui a réussi à se faire une place avec quelques tubes pop comme Creep ou High and dry. Bref Radiohead ne se démarque pas spécialement des autres et je pense qu'à ce moment là, personne ne peut envisager une autre issue qu'une carrière moyenne voire une disparition dans la masse... Sauf que...
Sauf que ces 5 mecs d'Oxford ont des trucs à nous faire découvrir. Je ne sais pas quelle mouche a piqué Thomas Edward Yorke et sa bande mais une chose est sure, ils se sont éveillés.
Attention, OK Computer n'est pas un chef d'oeuvre absolu. Il est encore assez ancré pop. Néanmoins certains titres stratosphériques le font s'élever au dessus des nuages, je pense à Airbag, Paranoid Android, Fitter Happier ou No Surprises. OK Computer annonce les prémisses de ce que vers quoi Radiohead veut aller. Fini la pop rock britannique, en route vers l'expérimentation, l'électro... Radiohead va voguer aux côtés des Floyd et autres qui ont cassé les frontières.
Pour tempérer un peu, je trouve que la trilogie qui va suivre est infiniment meilleure. OK Computer marque le tournant, c'est le maillon fort, celui qui fait faire à Radiohead le bond qui fait qu'encore aujourd'hui, Oxford est au dessus de la masse.