J’ai une grande affection pour Aka Moon, ce trio de musiciens belges a su, plus que tout autre, s’ouvrir à toutes les musiques, tout simplement en invitant d’autres musiciens, venus de tous les horizons, à se joindre à eux, à échanger et à créer. Leur discographie possède toutes les couleurs, un florilège aux contrastes puissants, toujours pour le meilleur, écouter Aka Moon c’est juste prendre le risque d’être ébloui, d’être enchanté !
Cet album tout nouveau n’est qu’une nouvelle page qui s’inscrira dans la palette. Le titre peut sembler austère, « Opus 111 » à la façon d’un disque de musique savante, il fait en effet référence à la sonate n° 32 Opus 111 de Beethoven, celle-ci, précise le livret intérieur est « revendiquée par beaucoup comme renfermant les prémices du jazz ». Pour plus de précisions je vous renvoie à la lecture de ce livret qui précise les intentions des musiciens que je ne peux étaler ici. Précisons brièvement que Fredy Massamba au chant, João Barradas à l’accordéon et au synth accordéon ainsi que Fabian Fiorini au piano sont les invités de cet album.
Je dois dire que si la sonate de Beethoven inspire ici, c’est le chant de Fredy Massamba qui bouleverse, dès « Chindila » la seconde pièce de l’album, Fredy représente ici l’Afrique et le renouveau rythmique contenu dans la sonate, le pianiste Fabian Forini est un vieux compagnon du trio, c’est à lui de citer, tout en les renouvelant, les thèmes et séquences issus des temps anciens, tandis que João Barradas, l’accordéoniste portugais regarde au loin et dialogue avec Fabrizio Cassol, vraiment fantastique à l’alto.
Certains se souviennent peut-être de l’album « Aka Balkan Moon / AlefBa : Double Live » déjà évoqué ici. Le présent album est au moins à ce niveau, je le découvre à peine et déjà il impressionne, au-delà des genres, un mix incroyable de sons venus de partout, c’est çà Aka Moon…