Erik Truffaz – Out Of A Dream – (1997)
Ce n’est pas le premier album d’Erik Truffaz, mais pas loin, et déjà sur Blue Note ! Il ne manque pas d’intérêt d’autant que l’on comprend mieux d’où il vient, à l’écoute, Miles se profile encore sans trop se cacher, on le devine en influence principale, au détour d’un solo, d’une attaque ou dans le secret d’une ballade…
Erik joue de la trompette ou du bugle, Patrick Muller au piano, Marcello Giuliani à la contrebasse et Marc Erbetta à la batterie. Ils sont tous jeunes, Erik sort d’une période où il a joué essentiellement en quintet, forme qu’il retrouve ici avec Cyrille Bugnon aux saxs, ténor et alto, sur « Indigo » et « Uptown ». Mais ici il se risque également au quartet, un poil plus exigeant, mais rassuré avec cette solide section rythmique…
C’est un frontalier installé en France, mais pas loin de Genève où il va, une situation finalement assez confortable. Ce premier Blue Note se profile avantageusement dans la lignée d’un Miles post bop, Erik se cantonne dans une forme plutôt classique, favorisant les tempos lents, très jazz dans son approche, il n’a pas encore brisé les lignes, ni ouvert toutes les portes.
Onze pièces filent, des formats parfois très courts, deux pièces ne dépassent pas les deux minutes, et la plus longue dure sept minutes trente-deux. Les quatre sont au top, chacun dans son créneau, mais à l’aise ensemble, on ressent le travail préparatoire sur les compos toutes signées par le trompettiste.
On sent également poindre, outre la très grande technicité, le lyrisme de Truffaz et la richesse compositionnelle, le goût des climats lancinants, autant de signes déjà présents qui s’affirmeront au fil des albums dans le futur, en s’affranchissant du format jazz originel, vers la fusion ou l’ambient.
Ici on appréciera plus particulièrement, « Saisir », « Out of Dream », « Down Town », « Beauté Bleue », « Wet In Paris » ou « Indigo » …