Owl Song
7.4
Owl Song

Album de Ambrose Akinmusire (2023)

Ambrose Akinmusire – Owl Song – (2023)


Voici un album de la mi-décembre, juste avant la période des fêtes. Après une très longue période avec Blue Note, Ambrose Akinmusire signe chez Nonesuch, cet album est le premier d’une série programmée de trois. Pourtant le trompettiste n’a jamais été un boulimique en matière de parution d’album, c’est même plutôt l’inverse, très appliqué et exigeant à chacune de ses sorties, chacun de ses albums est une pépite qui se révèle au fil des écoutes.


Je m’aperçois en consultant sa discographie qu’il a sorti un autre album en vingt-trois, un enregistrement en solo capté à l’église St Eustache de Paris, apparemment en dématérialisé dans un premier temps, puis en vinyle… Ça m’émoustille déjà…


Sans doute était-ce un pas vers cet ascétisme et cet essentiel que l’on entend également sur « Owl Song ». L’album est en trio, Ambrose y joue de la trompette et se fait accompagner par deux vénérables musiciens, une légende, Bill Frisell de soixante-douze ans, et Herlin Riley, batteur de soixante-six ans, tous les trois l’œil vif et l’oreille affûtée…


A y réfléchir la réunion de Frisell et d’Akinmusire bien que peu probable sur le papier, n’est finalement pas si incongrue. Ils partagent tous les deux le goût de l’introspection, la puissance du regard intérieur en font des personnes plutôt sérieuses et ouvertes. Ils sont également attirés par le goût de la perfection, mais aussi par le souffle éperdu de l’improvisation, bien que l’un comme l’autre sache où il va…


Je me souviens d’un concert télévisé de Frisell consacré à John Lennon, c’était dans le titre. J’ai passé un bon moment, mais je n’ai vu, ni entendu, Lennon nulle part, un peu vexant pour moi, mais c’est comme ça, quand le vent souffle et pousse il faut le suivre… C’est un peu ça cet album, juste suivre la route et profiter du chemin qui file, du son pur de la trompette souvent en retenue, de la guitare qui dessine des paysages et du pas de la batterie qui crapahute et caracole…


Il n’y a pas de basse, c’est dans ces moments-là qu’on s’interroge sur l’importance de l’instrument, on ne doit pas sentir l’amputation, les petites cordes frêles de Bill feront l’affaire, il est incroyable et crée un béton solide avec deux ou trois accords fragiles et tout tient, c’est un musicien à tout faire, tellement il est doué.


C’est une musique paisible, très. Contemplative, aussi. Quelque chose qui arrive, qui passe et puis s’en va… Comme une idée, une sensation, un moment intense. C’est aussi un baume, un calmant, une respiration, il faut profiter…


Ambrose a tout composé, et c’est beau, il y a « Mr. Frisell » et « Mr. Ryley » car Ambrose est un gentleman. Impossible de faire le tri dans ce tas de beau, alors je ne distingue pas, car tout va...

xeres
10
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le 12 juil. 2025

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