Oxymoron
6.6
Oxymoron

Album de ScHoolboy Q (2014)

L'album de l'année pour le Man of the year

Depuis ses débuts en 2008 et sa signature l’année suivante chez TDE -certainement le label le plus influent aujourd’hui-, ScHoolboy Q nous aura fait patienter pour la sortie de son premier album en major. Une attente qui en valait la peine.

Pourtant, durant ces huit années il n’en aura pas été moins actif. Enregistrements avec toute l’équipe de TDE, Black Hippy, featurings avec d’autres artistes, petit tour en prison et sorties de mixtapes, il a tout fait. Avec Habits & Contradictions, sortie il y a 2 ans, Quincy Hanley se fait un nom. Le succès critique est là et son style gangsta fait office de retour aux sources, au milieu de toute cette « trap music » à la Chief Keef. Et ça plait. Tout comme sa prédisposition à sortir des bangers, ces titres qui vont vous faire sauter de partout. Ça tombe bien, avec Oxymoron, tout cela va s’accentuer.

Gangsta. C’est un qualificatif qui colle bien au style de ScHoolboy Q. Et justement c’est le titre d’ouverture d’Oxymoron, avec en prime quelques petits mots de sa fille chérie. Il démarre direct, d’entrée nous avons le droit à du pur Quincy, du hip-hop qui défrisera vos voisins et qui fera se retourner les gens quand vous vous pavanerez cet été sur la route direction la plage. Et dans votre gova, vitres grandes ouvertes, bien entendu! Sensation accentuée par l’excellent « Los Awesomes » produit par l’intouchable Pharrell et où Hanley est accompagné du grand frère de Top Dawg, Jay Rock.

Lister tous les excellents morceaux reviendrait à vous faire un copier/coller de la quasi totalité du CD, ce qui ne serait ni intéressant à lire pour vous, ni pour moi à écrire. Vu la note, vous vous doutez que je trouve l’album excellent, donc je vais plutôt m’attarder en priorité sur ce qui aurait pu être amélioré.

Tout d’abord, la tracklist. Une édition classique à douze titres, trois de plus dans l’édition Deluxe, jusqu’à là rien d’illogique en soit. Mais rajoutez à ça deux titres bonus dans l’édition iTunes et deux autres spécialement pour l’édition Taget, donc uniquement disponible aux USA, c’est déjà plus compliqué. Pour résumer, si on achète en France l’édition Deluxe, il y a forcément quatre titres que nous n’aurons jamais.
Et pas des moindres en plus, car sur l’édition iTunes -il faut déjà le vouloir pour acheter un album en dématérialisé- se trouve le très bon « Gravy » produit par Clams Casino. Encore pire, sur la Taget Edition il y a surement le meilleur titre de l’album, « Californication » avec son ami A$AP Rocky, un banger de 6 minutes. Une telle stratégie commerciale pousse un peu au piratage, malheureusement. La faute à Interscope, sans doute.

Ensuite, les titres de l’édition Deluxe sont moins bons que ceux d’iTunes & Target. Encore un choix très discutable, surtout à l’écoute de « His and Her Fiend » avec la nouvelle -et talentueuse- signature du label, SZA. Un titre assez bizarre, qui ne colle pas avec l’image de l’album, à se demander si ça n’était un featuring un peu imposé pour lui donner un peu de visibilité, sa première mixtape sortant courant avril.

Malgré tout cela, l’album est surement ce vous allez entendre de mieux cette année. Un album dans l’ensemble sombre, avec des flows et textes très techniques, traitants des thèmes classiques pour le rap, mais maitrisés. Le tout est porté par des producteur qui lui sont familier et avec qui il travail à merveille.
Il a aussi cette qualité pour écrire des refrains attrayants, qui vont nous rester en tête et nous donner envie de les réécouter en boucle. Vous n’avez pas envie de chanter « Oh, oh, Collard Greens » là tout de suite?
Une chose est sure, si vous avez aimé Q dans le passé, ce n’est pas avec Oxymoron que cela va changer.

Maintenant que tous ces points ont été évoqués, il ne vous reste plus qu’une chose à faire: vous ruer sur Oxymoron, mettre le son bien fort and « Shake it for the man of the year »!
Tone
8
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le 29 mars 2014

Critique lue 530 fois

Tone

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1

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