On admettra volontiers ne pas avoir repéré Maruja dès ses premières publications – aujourd’hui retirées des plateformes – remontant à la seconde moitié des années 2010, alors que le collectif évoluait encore dans un registre largement.. funk. C’est après sa métempsychose à l’aube de la décennie, et une fois sa formation complétée par Joe Caroll (saxophone alto) et Jacob Hayes (batterie) aux côtés des membres fondateurs Harry Wilkinson (voix, guitare) et Matt Buonaccorsi (basse), que les anglais ont progressivement gagné en visibilité, multipliant tournées et EPs, jusqu’à s’imposer sur la scène anglophone et figurer désormais parmi les groupes les plus attendus de l’année.
A une époque où l’ajout de cuivres aux guitares et batteries ne suffit plus à se distinguer, le quatuor mancunien a trouvé sa voie en mariant punk et free-jazz, porté par un propos à la fois spirituel et politique. Sur ses deux premiers Eps, Knockarea et Connla’s Well, Maruja laissait déjà entrevoir une musique particulièrement bien ficelée. Chaque morceau sonnait comme un hymne instantané, où la rage de Wilkinson rencontrait les envolées de Joe et l’énergie de Hayes. Avec The Vault et Tir na nOg, le groupe franchissait un cap dans sa radicalité, abattait toute frontière stylistique en livrant une musique improvisée, façonnée par le contexte, l’humeur et les émotions les plus brutes. Leur premier album Pain to Power synthétise ces deux approches : il oscille entre courts brûlots punks, improvisations et morceaux-fleuve aux structures imprévisibles, le tout enregistré de façon à restituer au mieux l’intensité du live.
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