Paris (Live)
7.4
Paris (Live)

Live de The Cure (1993)

A l'heure où j'écris cette critique, "Paris" possède une moyenne générale de 6,7. Un châtiment bien injuste pour ce disque, enregistré au Zénith et sorti en 1993, qui n'est rien de moins que le meilleur live - officiel - des Cure. Personnellement, il m'aura fallu pas mal de temps avant d'arriver à cette conclusion, pour la simple et bonne raison que je ne parvenais pas à le départager de "Concert", le live de 84, et que de toute façon, j'écoute beaucoup plus les albums studio, en général. Comment et pourquoi ça a basculé ? Parce qu'un jour j'ai ressorti le CD de mon étagère, et que les versions de "The figurehead" et "One hundred years" m'ont remis la fessée : elles sont incroyablement denses, totalement maîtrisées, parfaites, si tant est que la perfection existe. Rien à redire.
La suite envoie tout autant du poney : jusqu'à "In your house", on ne peut que s'incliner. Même "Apart", que je trouve d'habitude un brin fadasse, dégage ici une charge émotionnelle intense, calée dans cette première salve de morceaux sombres exhumés de la "trilogie glacée" du groupe (l'angoisse palpable qui émane de "At night", les choeurs du public qui accompagnent la ligne de clavier de "Play for today"...).
Alors, c'est certain, si le disque entier était resté dans cette cohérence "dark", il aurait sans doute été bien plus apprécié. Car la seconde moitié de la setlist brise l'unité de la première en privilégiant, notamment, les singles. Beaucoup y voient une hérésie faisant de "Paris" un live qui, comme le lait, aurait mal tourné, devenant peu à peu indigeste. J'aime à croire que les choses sont, heureusement, plus subtiles que ça : "Close to me" excepté, on ne peut pas dire que les singles proposés soient les plus rabâchés ("Catch", "A letter to Elise"...). Mieux : on a même droit à un titre assez rare en concert ("Dressing up", impeccablement interprété), et à la présence de "Charlotte sometimes", qui sonne comme un retour de flamme plus qu'alléchant de l'ambiance sombre du début de l'album. Quoi qu'il en soit, "Paris" propose dans l'ensemble des versions d'une telle qualité, si écrasantes d'efficacité, que le rabaisser pour des raisons d'éclectisme musical en devient, au mieux, franchement désuet, et au pire, le symbole d'une sacrée mauvaise foi.
Psychedeclic
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le 9 juin 2012

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