Dans le combat de la Britpop, je préfère Oasis. Ainsi, Blur a pour moi ce problème d'être trop agressif par moment sans jamais l'assumer assez, ou bien d'être pop mais pas assez non plus.
Globalement Blur m'apparaît comme un groupe incompréhensible dans ses albums. Loin de composer des morceaux déplaisant, j'ai toujours beaucoup de mal à saisir l'unité de leurs albums. Parklife, troisième album du groupe, a cette spécificité justement, à mes yeux d'offrir une certaine unité.
Je ne me leurre pas, si j'ai du mal avec Blur, cela vient certainement plus de moi que du groupe. Aussi cette critique sera surtout subjective même si je tente de garder une grande objectivité. J'espère ainsi que les fans du groupe ne seront pas vexés de me voir passer à côté de certaines perles.
Je connais Parklife grâce à son fameux titre homonyme, dont le clip et l'ambiance m'ont beaucoup amusé. Je trouve le morceau facile, simple, mais efficace et enjoué. De manière générale, Parklife est un album facile d'accès, empli d'un travail soigné dans l'ambiance pour donner un grand cocktail de rire, de sourire (The Debt Collector par exemple) mais aussi d'énergie. Ainsi Girls & Boys qui ouvre l'album ne renonce pas du tout à sa force, entraînant et répétitif il se lance telle une boucle qui capte tout de suite. La raison en vient surement au soin apporté à la basse, aux effets derrières et au travail sur les chants. Le refrain est terriblement séduisant, assumons le.
Pour autant, les titres énergiques ne manquent pas sur l'album, retenons Bank Holiday qui me fait songer à une sorte de proto-grunge sans dépression et doté d'une rage amusée. Il faut le dire : Blur est un groupe qui respire la joie de vivre.
Tracy Jacks a ainsi un côté enfantin qui parvient à donner un grand sourire et à marquer rapidement. End of a Century est un morceau beaucoup plus calme mais qui réussit tout autant à faire sourire avec un brin d'une douce nostalgie. Clover Over Dober est également dans cette ligne de pure réussite très douce, avec des mélodies séduisantes comme rarement. Là encore, c'est juste fou de réussite. Magic America a lui aussi ces sonorités presque enfantines.
Blur a d'autres morceaux très doux, dont le magnifique This is a Low, qui fait partie de ces petits titres délicats que j'adore m'écouter car ce n'est pas tant de la douceur qu'une respiration lente et maîtrisée.
Quelques recherches musicales sont également présentes avec l'étonnant Lot 105 qui termine l'album ou encore Far Out surprenant et presque sombre et obscure, un peu inquiétant.
L'album a d'autres titres plus ou moins réussie. Badhead m'ennuie pas mal, à part son intro, rien ne marque mon attention. To the End m'ennuie pas mal aussi, il y a du chant en français, il y a un rythme assez sexuel, mais ce n'est pas incroyable pour autant … On peut très rapidement passer.
A côté de ça, on a le petit duo London Love/Troubles in the Message Center qui est très réussie. London Love est groovy a souhait, même si un brin plus d'énergie aurait été appréciable. Troubles in the Message Center est une des pistes les plus énergiques de l'album, qui joue là encore sur des mélodies très réussies. L'union guitare/basse est parfaite et séduisante au possible. Enfin Jubilee amène pas mal de hargne sur l'album même si pour ma part, je n'ai pas du tout été séduit, notamment à cause de la ligne de chant.
En sommes, Blur propose un album très calme par moment, mais recherché, ce qui n'endort jamais. De plus, quelques excès d'énergie arrivent à convaincre et faire bouger. C'est globalement un album de belle qualité mais qui peine, personnellement à me séduire.