Avertissement: la chronique qui suit concerne l'enregistrement de l'opéra "Pénélope" de Gabriel Fauré sous la direction d'Inghelbrecht en 1956 avec Régine Crespin dans le rôle-titre. Dans l'attente de la création de la fiche SC spécifique, j'utilise la fiche de l'orchestration de Charles Dutoit (que je ne connais pas)
La légende du retour d'Ulysse à Ithaque alors que son épouse Pénélope l'attend fidèlement est une histoire "éternelle" tellement fascinante qu'elle a été récupérée moult fois au cours des siècles par des écrivains, des poètes, des compositeurs ou des cinéastes.
Gabriel Fauré en a fait un opéra sur la base d'un livret établi par René Fauchois. Si l'histoire relatée est bien cohérente avec la légende, on peut toutefois regretter l'absence de Télémaque qui joue un rôle important mais aussi l'absence des dieux, en particulier d'Athéna, qui tire les ficelles. Le livret fait perdre à la légende une dimension mythique qui aurait peut-être donné plus d'éclat ou de profondeur à l'opéra.
Mais soyons clairs, au-delà de l'histoire que j'aime (évidemment) beaucoup, c'est surtout la voix de Régine Crespin que je recherchais à travers cet enregistrement. Cette chanteuse lyrique française m'a toujours beaucoup impressionné notamment dans "les nuits d'été"de Berlioz.
Ici, elle assure un rôle qu'elle a, à ce qu'on raconte, défendu contre vents et marées.
Sa voix prend des tons dramatiques et émouvants à plusieurs reprises dans l'opéra et notamment à l'acte 2 où elle "grimpe" sur une colline pour mieux voir la mer et espérer le retour de son époux, en présence des bergers qui sont fidèles à la mémoire d'Ulysse. Une flute nostalgique l'accompagne, d'ailleurs …
Ma note va donc traduire plutôt mon appréciation de la voix de Régine Crespin plutôt que l'opéra en tant que tel.