« Perception & Friends », le second album de la formation, a connu une seconde vie grâce à la réédition de 2019 chez Souffle Continu, l’original, au tirage confidentiel de 500 copies, étant devenu fort coûteux. Il n’y a que le troisième album du groupe, « Mestari », qui échappe à cette malédiction grâce à un tirage suffisant au « Chant du Monde ». Un petit passage par discogs risque de vous induire en erreur si vous vous arrêtez à la mention « genre » qui indique : jazz, rock. Non, point de rock ici, juste du jazz vivant, d’époque, tendance « free » avec il est vrai, un piano électrifié.


A l’origine du groupe on trouve le bassiste Didier Levallet, il fréquente alors la cave du Gill’s Club dirigé par Odile et Gérard Terronès, on connaît l’importance de ce dernier sur l’underground d’alors, particulièrement pour la création du fabuleux label Futura Records qui reste une mémoire vivante incomparable de la musique de ces années-là. Siegfried Kessler, le futur pianiste d’Archie Shepp, a enregistré le premier album de « Futura », il se joindra au groupe « Perception » et participera au premier album sorti chez Futura, ainsi que sur le morceau « Le Horla » sur celui-ci. Siegfried étant peu fiable et versatile il sera remplacé par Manuel Villaroel aux claviers. Toujours au Gill’s Club, Levallet rencontre le franco-vietnamien Jean-My Truong qui sera le batteur de la formation, le dernier musicien du groupe sera l’extraordinaire Jeff Seffer d’origine Hongroise, « Jeff » étant un pseudo, il est plus connu aujourd’hui sous le nom de Yoch’ko Seffer, un redoutable saxophoniste. Quelques invités de passage s’ajoutent ici ou là, Teddy Lasry, Jean-Charles Capon, Kent Carter, Daniel Brulé, Jean-François Jenny-Clarke, Louis Toesca…


Ce second album suit de peu le premier, cette précipitation oblige à l’auto édition, les trois compos signées Seffer sont fortes et puissantes, très coltraniennes, Yoch’ko est un musicien savant et érudit, il sait où il va, le style est direct, ça bouillonne sévère, très free en même temps. Les trois autres compos de Didier Levallet sont plus atmosphériques et éthérées. Au final un album très chouette qui plaira sans aucun doute aux amateurs du genre.

xeres
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le 21 avr. 2026

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