J’adore ”Perfect Symmetry”. Avec cette album, le groupe abandonne définitivement le Power Métal des début et le côté limite Thrash du précédent album ”No Exit”. On a là un tout nouveau Fates Warning.
La complexité (relative) de leurs musique est plus que jamais au rendez vous ici mais leur métal se fait plus mélodique et aérien. Le côté atmosphérique est toujours présent à 200% mais cette atmosphère en question se fait plus que jamais mélancolique. Ce qui m’a frappé dès la première écoute de l’album, c’est le jeu tout en nuance des musiciens et plus particulièrement celui du nouveau batteur Mark Zonder. D’une certaine manière, il me fait penser à Stewart Copland avec son jeu imprévisible et tout en finesse.
Pour un groupe dit ”Prog”, la musique respire énormément et le groupe est nettement moins démonstratif qu’un Dream Theater. Si on est un peu aventureux, pas totalement allergique aux voix aigues et au métal mélodique, c’est un LP que je ne peux que conseiller.
L’opener ”Part Of The Machine” peut décourager au départ. Le titre est assez labyrinthique et complexe avec de nombreuses variations et changement de rythme. On comprend pourquoi on parle de Metal prog avec Fates Warning car ce genre de composition me paraît être le chaînon manquant entre Rush et Dream Theater. Ça me semble être en tout cas le titre le moins évident du lot mais il est très bon.
Il y a la pépite ”At Fates Hands” qui elle, captive instantanément pour le coup malgré la richesse du morceau. Ça commence comme une ballade et ça le reste pendant un bon moment et puis ca débouche ensuite sur une instrumental de zinzin où on en voit de toutes les couleurs. On reste néanmoins toujours autant captiver du début à la fin tant la musicalité et l’ambiance du morceau est incroyable. Il y a au passage Kévin Moore (le futur clavieriste de Dream Theater) en guest sur le titre. Toujours dans le registre des titres les moins facilement abordable, le Heavy mais plus concis ”Static Acts” se pose là mais on se rend compte apres plusieurs écoutes que c’est aussi une composition passionnante.
Pour le reste, la musique se fait moins complexe... ou tout du moins en apparence. Je pense à la magnifique ballade ”Chasing Time’ avec son break magnifique et ses violons. Le genre de ballade qui séduit immédiatement mais qu’on entend pourtant jamais à la radio, hélas. ”Nothing Left To Say” en fin d’album est construit comme 80% de ce que fera Iron Maiden dans les années 2000 : une intro de près de trois minutes qui fait (prog)ressivement monté la sauce avant de se transformer en morceaux Heavy riche en surprise (mais sans longueurs et répétition inutile ici).
Avec ”The Arena” et surtout ”Throughs Different Eyes”, Fates Warning préfigure déjà la musique de son album suivant qui sera plus accessible. La première est un morceau direct et heavy mais très mélodique qu’on imprime dès la première écoute quand la seconde est une superbe ballade avec un petit côté FM. Mais ça n’empeche pas une grande subtilité dans les deux cas. Le groupe ne cède à aucune facilité ici. Aucune.
Je ne vois pas de morceau à mettre à la poubelle sur ce disque (même ”A World Apart” que je n’avais pas évoqué reste une bonne chanson meme si c’est la seule qui me paraît disons plus dispensable). On ne va donc pas débattre de quel est le meilleur opus de Fates Warning ou de Métal Progressif mais il me paraît néanmoins évident que celui-ci est dans le haut du panier.