D'Einsturzende Neubauten j'avais acheté, (en version vinyle puisqu'à l'époque les cd's n'existaient pas, et encore moins le streaming), leur album intitulé "Zeichnungen des Patienten O.T.". Ce second opus m'avait profondément marqué étant avide de musique industrielle. Il faut dire que je considérais ce disque comme étant le summum de ce que j'avais pu entendre jusqu'à là. En résumé : le haut du panier ... est-ce pour cette raison que, la peur d'être déçu, de ne plus percevoir cette force, a fait que je ne me suis plus intéressé à leurs autres productions ? ... c'est possible, car, en effet, à mes yeux, il n'y avait pas moyen de surpasser des compositions aussi profondes. Mes pérégrinations actuelles me feront entendre que j'ai eu tort.
Une quarantaine d'années plus tard, j'ai donc décide d'enfin briser la glace, (grâce à un éminent membre de SC que je ne nommerais pas) en écoutant chronologiquement toutes leurs productions. Je m'arrête un peu pour souffler sur ce disque à mi-chemin de mon périple, nommé "Perpetuum Mobile". Il est vrai, à la première écoute qu'il y a de quoi être décontenancé si on s'est arrêté comme moi au début des années 80, encore plus si on est un fan de la première heure. Certains crieront à la trahison, mais d'après moi, ils ont tort car ils ne perçoivent pas (ou plutôt n'acceptent pas) l'évolution positive du groupe.
C'est vrai qu'on est loin du cri primal des débuts, glaçant, à la limite de la terreur ... ici, 20 années plus tard, quand il y a cri, il est maîtrisé et donne de l'énergie au lieu d'en prendre. Et quand il ne crie pas, il gémit, allant jusqu'à la subtilité du chuchotement. On est dans un rapport inverse, du chaos on passe à une forme d'équilibre. Ce n'est pas de la naïveté de surface, non, on est bien dans la puissance de la profondeur ... c'est ce que l'on ressent inévitablement à travers les thématiques abordées dans les différents morceaux. Sont entre autres abordés la folie humaine et son antagonisme la paix intérieure, la transformation de l'être et son renouveau, ainsi que la méditation sur la mémoire, pour ne citer que les principaux.