Joshua Abrams Natural Information Society – Perseverance Flow – (2025)
Voici un album que l’on pourrait classifier dans la catégorie E.P., vu sa relative brièveté, juste un peu moins de trente-cinq minutes. Évidemment ceci ne préjuge en rien de la qualité, car en fait, nous sommes plutôt gâtés…
Une seule pièce qui est donc le morceau titre, interprété par un quartet particulièrement avenant. L’enregistrement s’est effectué dans un studio de Chicago en deux mille vingt-quatre, et Joshua Abrams mène la danse comme il sait le faire, avec tout le groove dont on le sait capable.
Il joue du guimbri, cette guitare avec manche et caisse résonnante, aux cordes pincées chère aux Gnaouas, dont il est un grand spécialiste. Lisa Alvarado joue de l’harmonium et de l’électro, tissant l’espace et ornant de diverses textures le fond sonore, en jouant le plus souvent avec d’infimes variations.
Mikel Patrick Avery joue de la batterie et bat la mesure en fond, mesurant les temps avec constance et entêtement. Jason Stein joue de la basse clarinette avec une grande abnégation, se cantonnant souvent dans un rôle répétitif, bien que toute cette musique avance et évolue en modifications constantes, ou par paliers.
C’est la somme de tous ces mouvements en provenance de chacun des musiciens qui fait évoluer la pièce, sans qu’on y prenne garde, presque sans s’en rendre compte, comme avançant dans un chemin qui s’ouvre devant nos pieds, et que nous empruntons au fur et à mesure du temps qui file…
L’une des modifications les plus conséquente est celle des rythmes qui se modifient tout du long, nous avançons d’abord badauds, spectateurs et promeneurs, une accélération s’exerce très lentement, presque imperceptible, et tout à coup nous prenons conscience du temps qui a passé et de l’augmentation de la vitesse qui s’est greffée à notre insu : nous voilà bientôt coureurs de fond s’accrochant à la machine pour ne pas chuter…
L’illusion serait d’imaginer un parcours concentrique alors qu’en fait il se renouvelle sans cesse, en comptant habilement sur les improvisations qui se manifestent également, et bousculent intimement l’ordre des choses…