S’il y a bien une chose sur laquelle tout le monde s’accorde ici bas – plus encore que sur le fait que la Terre est ronde, que Kanye West tourne autour du soleil et que les idées dominantes, même sur les réseaux sociaux, sont celles de la classe dirigeante – c’est que le deuxième disque de Bushwick Bill, Phantom Of The Rapra, est son meilleur album solo !
Plus travaillé que Little Big Man, mieux produit, mieux construit, mieux écrit, cette plongée dans la psyché du Dr. Wolfgang Von Bushwicken the Bavarian Bill s’avère une invraisemblable descente aux enfers.
Les synthés aux sonorités west coast, présents tout au long de l’album, accentuent le côté poisseux et lourd des instrus lentes sur lesquelles pose Bushwick, comme s’il rappait sous un ciel orageux dans la chaleur étouffante des rues du Fifth Ward, son ghetto de résidence à Houston.
La misère n’est pas moins terrible au soleil et heureusement qu’Aznavour n’a jamais croisé Bill… Un album sombre, dur, sincère, lourd, pesant. Suffocant.
I wake up every day to the agony, sufferin’ and sorrow
Tragedies be havin’ me too sad to see tomorrows
But I just say "Fuck it", take a deep breath
Get my heat set, and make the streets sweat…
(Bushwick Bill : Already Dead)
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