Physical Graffiti c'est le sixième album pour Led Zep, mais aussi unique double (studio) et premier à être produit avec leur propre label Swan Song Records.

Jusque-là, c'est un sans-faute pour la bande à Jimmy Page, des tournées incroyables, cinq albums parfaits, et ce sont les maîtres du monde du rock 'n' roll. Bref, c'est pas mal.


Allez, il y a eu un couac, l'opération des cordes vocales de Robert Plant, suite à 5 années passées sur les routes, à chanter, toujours plus forts et longtemps. Difficile de dire que c'est perceptible, si ce n'est à de rares moments lorsque Plant monte assez haut dans les aigus, et encore, il faut avoir l'oreille.


Suite aux premières sessions de Physical Graffiti, il y a quoi de faire un disque et demi à peu près, et après avoir refusé deux fois de faire des doubles albums, il saute le pas et le groupe réutilise des titres non utilisés allant de 1970 à 1974 (sur les 15 morceaux, 8 ont été enregistré en 1974, les autres datent de sessions antérieures).


Dans cet album qui s’avéra être le plus cher jamais produit à l'époque (notamment à cause de la pochette qui s’ouvre par le haut et plus épaisse, avec des fenêtres à motifs interchangeables), le groupe continue ses explorations vers de nouvelles contrés, comme à chacun de leurs albums précédents. On navigue du blues au hard rock en passant par le folk ou même de petits moments plus funky, ainsi que diverses sonorités.

Le disque est homogène et contrairement au piège que certains groupes rencontrent avec le double album, celui-ci ne n’essouffle jamais et garde sa puissance de bout en bout.


Il s'ouvre avec un bon vieux rock des familles, bien électrique et énergétique avec Custard Pie (tarte à la crème, expression venant des bluesman pour désigner le sexe féminin), avant d’enchainer avec deux incontournables, le blues/rock au riff d’enfer de Page The Rover et le long (11 minutes) blues In my Time of Dying où (bis repetita) Jimmy Page fait des merveilles au bottleneck (Jimmy, ainsi que tout le groupe, chacun à sa manière). Enfin, viennent House of the Holy, des sessions de l'album précédent, le funky Trampled Under Foot (gros travail de John Paul Jones, et un titre qui sera sublimé en concert) et le groupe termine la face avec l'indispensable avec Kashmir. Croisement des genres, et des époques, Bonham est incroyable, le riff inoubliable et le voyage, à la fois du protagoniste de la chanson et de nous, complètement mystique.


La seconde face s'ouvre sur l'envoutant et planant In The Light, avec une longue intro de John Paul Jones, un riff d'enfer et l'ombre du rock prog qui plane En live, elle aurait pu prendre la suite de No Quarter, ce sera pas le cas. La face s'achève par un bon gros riff terriblement efficace de Page avec Sick Again où Plant évoque une groupie de 16 ans.


Entre les deux, c'est comme un jukebox, ça varie, le groupe alterne les genres mais toujours avec sa touche unique. Il n'y a rien à jeter, que ce soit le rock The Wanton Song, avec un superbe riff ou Black Country Woman jolie ballade acoustique enregistrée en extérieur (on entend même le bruit d’avion au début !).


Sinon... bah ils improvisent, comme sur Boogie With Stu, enregistré avec le sixième Rolling Stones Ian Stewart au piano, invoquent les souvenirs gallois de Led Zep III avec le magnifique instrumental Bron-Yr-Aur ou encore une ballade sonnant un peu à la Neil Young, la superbe Down By the Seaside. Et que dire de Ten Years Gone ? Apothéose de cette face B commençant calmement et montant en puissance avec un final exceptionnel. Teinté de mélancolie, avec les quatre musiciens sont en très grande forme.


Parfois considéré comme le dernier grand album de Led Zeppelin, Physical Graffiti est extraordinaire, un double album où le groupe continue de repousser les limites, sonnant à la fois comme le futur et le passé du groupe. A l'image du protagoniste de Kashmir, on voyage dans le temps et l'espace. Un très grand album.

Docteur_Jivago
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le 3 août 2014

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Docteur_Jivago

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