Eric Legnini, Bojan Z, Pierre de Bethmann, Baptiste Trotignon – PianoForte – (2024)


On ne saurait le nier, c’est un album de pianiste, ni un, ni deux, ni trois, mais quatre réunis autour de standards de jazz qu’ils revisitent à leur façon. C’est sous l’impulsion de Reno Di Mattéo, producteur de spectacles, que l’idée est née et s’est concrétisée sous la forme d’un concert au Tourcoing Jazz festival, en deux mille dix-neuf.


L’idée a fait son chemin et a abouti à cet album, très réussi, sans tomber dans l’exercice de style ou la démonstration, il faut dire que ces quatre-là sont de fameuses pointures du jazz hexagonal. Il est évidemment très difficile de trouver un équilibre, avec quatre pianistes jouant en même temps…


C’est pourquoi ic,i il faudrait plutôt parler de quatre claviers, car si nous avons bien deux pianos avec un pianiste associé à chacun, il y a également deux Fender Rhodes, avec deux autres, qui jouent de ces pianos électriques, symboles à eux seuls de ce que fût autre fois le jazz-rock.


Un piano est situé à droite et l’autre à gauche, un Fender est situé au centre droit et l’autre au centre gauche. Mais les musiciens tournent et changent de position de temps en temps, à intervalles réguliers, de telles façons que chacun goûte à chaque position. Par bonheur on peut suivre les transformations en lisant les indications de la pochette. On peut également suivre l’ordre des solos à l’intention de ceux qui aiment savoir qui fait quoi.


Mais on peut aussi se laisser tout simplement porter par l’excellence de la musique, sans chercher à tout savoir, car ce qui compte avant tout, c’est bien le résultat final. Côté répertoire il y a du Bud Powell, du Carlos Jobim, du Keith Jarrett, du Billy Strayhorn, de l’Hancock et du Zawinul, de l’Horace Silver et de l’Egberto Gismonti, et d’autres encore…


Il y a donc pas mal de standards plutôt connus comme « Águas de Março », « The Windup » ou « Take the A Train » ou encore « Mercy, Mercy, Mercy » et d’autres un peu moins, mais tous ont la flamme et sont remarquablement interprétés.


Il est difficile de détacher un soliste ici, tant ils sont complémentaires, tout autant virtuoses les uns que les autres, et aussi à l’aise avec cet exercice d’évidence pourtant difficile, car s’il est commun d’assister à des duos de piano, l’attelage ici réuni est clairement assez inédit, me semble-t-il.

xeres
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le 19 juil. 2025

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