Pink Elephant
Lorsque j’ai découvert la pochette de Pink Elephant, j’ai immédiatement accroché à son esthétique. Je m’attendais à un album solaire, dansant, presque euphorique par moments. Et effectivement, Arcade Fire continue d’explorer cette électro froide entamée depuis Reflektor et Everything Now. Mais là où ces albums conservaient encore une forme d’urgence ou de folie, Pink Elephant semble avoir perdu son cœur en route.
Le problème n’est pas tant le virage électronique. Au contraire, certaines textures ou idées de production laissent entrevoir quelque chose d’intéressant. Mais tout paraît trop timide, trop peu travaillé, comme si le groupe n’allait jamais au bout de ses intuitions. Beaucoup de morceaux donnent l’impression d’être à l’état d’esquisse.
Ce qui frappait dans les premiers albums d’Arcade Fire, c’était le soin obsessionnel apporté au moindre détail. Chaque ajout instrumental, chaque montée, chaque chœur semblait pensé pour rendre les morceaux plus vivants, plus habités. Même dans leurs albums les plus imparfaits, il y avait encore cette sensation de densité émotionnelle permanente.
Ici, malgré une pochette magnifique et quelques ambiances réussies, le groupe paraît se perdre dans un projet étonnamment creux. L’album cherche visiblement une forme de mélancolie nocturne, mais finit souvent par sembler simplement fade. Comme si Arcade Fire jouait encore les mêmes émotions sans réellement les ressentir.
Je n’irais pas jusqu’à dire que Pink Elephant est catastrophique, mais c’est probablement le premier album du groupe qui me laisse aussi peu de traces une fois terminé.