Pinkerton
De prime abord, sans vraiment faire attention aux paroles, j’avais plutôt bien aimé Pinkerton. L’énergie, le côté plus brut et plus direct m’avaient immédiatement accroché. Mais en me penchant un peu plus sur les textes, je comprends mieux pourquoi l’album a pu déranger : certaines paroles sont effectivement particulières, parfois maladroites ou inconfortables.
Malgré cela, j’aime Pinkerton dans son ensemble. Justement parce qu’il essaie quelque chose de différent. Weezer a souvent l’image d’un groupe rock “nerd” gentil et un peu naïf, mais ici on découvre une autre facette, beaucoup plus sombre et plus abrasive. Que ce soit dans le chant, dans les paroles ou surtout dans la musique, le ton change radicalement.
On se retrouve face à un album presque plus punk dans l’attitude : des sonorités déroutantes, des guitares qui crient, une production moins lisse. Il y a quelque chose de plus brutal, moins poli que sur le Blue Album, mais c’est assumé et surtout bien maîtrisé. L’aspect plus sombre n’est pas gratuit, il est cohérent et donne une vraie identité au disque.
Le résultat n’est pas lisse, pas parfaitement confortable, mais il est intense et même jouissif par moments. Pinkerton est peut-être plus difficile d’accès, mais c’est justement ce qui le rend intéressant. Pour moi, ça reste un album fort, imparfait mais audacieux.