David S. Ware, Cooper-Moore, William Parker, Muhammad Ali – Planetary Unknown - (2011)
Nous sommes en deux mille onze, soit deux années après sa greffe de reins réussie, David S.Ware signe cet excellent album collaboratif, en compagnie de prestigieux partenaires. Cooper-Moore n’est autre que Gene Y. Ashton avec lequel Ware enregistra « Birth Of A Being » en soixante-dix-neuf, c’est dire si ces deux-là sont heureux de se retrouver, depuis tout ce temps écoulé, le jazz étant souvent une musique d’allers-retours.
William Parker est sans doute l’un de ses plus fidèles collaborateurs, majestueux et monstrueux contrebassiste, exceptionnel en tout. Muhammad Ali, le batteur, n’est autre que le frère de Rashied, il joua autrefois avec Albert Ayler, Frank Wright ou Alan Shorter. Il rencontra David Ware à Paris lorsque Cecil Taylor l’y amena en soixante-seize. Cet enregistrement date d’un passage en studio en deux mille dix, à Brooklyn. Il annonce une participation au fameux « Vision Festival » de New York, l’année suivante.
Sans surprise David Ware est cependant la vedette ici, dès le premier titre « Passage Wudang » qu’il signe profondément de sa marque. La pièce est épique, vingt-deux minutes de pur free qui nous renvoient aux accents des plus grands, cette une exploration sonore qui utilise la respiration circulaire propre à rendre ce « voyage spatial » inoubliable.
L’album dans son ensemble est une belle réussite, liée à cette conjonction de grands talents, tous réunis pour célébrer le langage universel de l’improvisation, pour célébrer cette planète inconnue qui, peut-être, est la nôtre…