Plenty of Horn
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Plenty of Horn

Album de Ted Curson (1961)

Ted Curson – Plenty Of Horn – (1961)


Ted Curson est un trompettiste bourré de talent, dont la notoriété s’est effectuée chez les autres, particulièrement lorsqu’il fit partie du combo de Charles Mingus, enregistrant sur « Mingus At Antibes », « Mingus », « Presents Charles Mingus » ou « Mysterious Blues », il joua également sur « Fire Music » de Shepp. C’était un éclectique, capable de passer du blues du terroir à la musique de Cecil Taylor, sans sourciller.


Il semble bien que cet album de soixante et un, « Plenty Of Horn » soit son premier en tant que leader. Il est accompagné par le saxophoniste Bill baron, le frère du pianiste Kenny Baron, avec lequel il enregistra pas mal, Kenny Drew est au piano et le grand Jimmy Garrisson à la contrebasse.


Il y a un invité spécial, Eric Dolphy qui vient jouer par deux fois de la flûte sur cet album, sur « The Things We Did Last Summer » et sur « Dem’s Blues », il faut dire que Ted Curson côtoyait Eric Dolphy lorsqu’il jouait aux côtés de Mingus, en mille neuf cent soixante. Pour les batteurs sur cet enregistrement, c’est plus compliqué, car il y en a trois qui se succèdent, tous des pointures, Roy Haynes, Danny Richmond venu de chez Mingus et Pete LaRoca.


On sait que le basculement entre les années cinquante et soixante a connu de fabuleux trompettistes, dont le fameux Clifford Brown et le magnifique Booker Little, qui fit paraître « Out Front » » cette même année, tous les deux décédés prématurément.


Ted Curson est lui très adaptable, avec une vaste palette qui lui permet d’embrasser de nombreux styles, sa sonorité est claire et saillante, à l’aise autant dans les titres lents que dans les plus rapides, sa technique sans faille lui permet d’aborder les pires difficultés sans risque.


Cet album a été enregistré à New-York en avril soixante et un, il contient six titres signés par le trompettiste, essentiellement dans un style hard bop, mais avec des couleurs venus de loin, comme la reprise de Duke Ellington, « Caravan », ici très tournée vers l’Orient et ses mystères, on pourrait également citer « Antibes », qu’il a composé, en lui donnant des couleurs hispanisantes et méditerranéenne.


On le voit, il est capable de nuances dans ses compos, comme « Mr.Teddy » qui balance entre deux genres, avec citations. On remarque également l’excellent « Flatted Fifth » qui résume bien son talent de compositeur, et d’interprète par la même occasion, car son solo est éblouissant, celui de Barron également, le titre évoque par ailleurs un dessin animé célèbre dont l’auteur de la bande son a dû écouter notre ami Ted.


La « Nosruc Waltz » mérite également le détour avec ses tourbillons qui donnent le tournis, la pièce la plus longue ici, qui permet à Ted de s’exprimer assez longuement, avec ce son épais et cuivré, ce qui lui donne une couleur à la fois généreuse et gourmande, comme disent certains chefs en cuisine.


Il y a également la ballade incontournable « « The Things We Did Last Summer », un standard, qui offre une place à Dolphy, ainsi que « Bali-H’ai », encore une reprise, celle-ci signée Hammerstein-Rodgers, que l’on croirait issue de la BO d’un film romantique…


Un bel album d’un trompettiste qu’il ne faut pas négliger.

xeres
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le 5 mai 2025

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